Obsolescence programmée ou perçue : lutter... par la mode !

Je rebondis ce soir sur un excellent article de Green IT, qui décortique les mécanismes de l'obsolescence programmée de nombreux appareils électroniques, et ceux de l'obsolescence perçue.
Façon "quoi, t'as qu'un iPh*ne 3 alors que le iPh*ne 4 est sorti ??? Mais quel nûûûûûûûl !".

L'article s'interroge sur les façons de lutter.

Personnellement, je n'en vois qu'une.
De mon point de vue, le conso-citoyen moderne a 3 armes à sa disposition :

  • sa carte d'électeur,
  • sa carte bleue,
  • son attitude.
Dans ce cadre, je vais plutôt m'intéresser à ce dernier levier : l'attitude. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les modes ne naissent généralement pas d'esprits féconds et créatifs. Globalement, elles naissent de la rue. Les designers, les stylistes, les graphistes ne font souvent que détecter précocement les nouvelles tendances, et les sublimer. Et par leur nom, les mettre à la mode.

Je propose de lancer une nouvelle mode pour lutter contre l'obsolescence de tous les objets qui nous entourent : “le durable c'est hype !”

Affichez, bichonnez, revendiquez vos vieux appareils ! Votre voiture a 200.000 kms, et elle est bien entretenue ? Revendiquez-le, affichez-le et moquez-vous de celui qui roule dans une voiture toute neuve. Votre PowerBook a 5 ans ? Soyez-en fiers ! So hype to be vintage ! So cool for the planet !
Et celui qui a le tout dernier Machinbook sera un has-been.
Votre téléphone ne fait que téléphone, il a 4 ans et toutes ses dents (touches) ? Vous êtes responsable, donc sexy donc => à la mode.

Vous verrez, si nous sommes nombreux à rejoindre ce mouvement, la mode s'en emparera, les marketeux aussi et au bout de la chaîne, je suis sûr que cela aura un impact sur l'image et la durée de vie des appareils.
Forcément, on choisira les appareils et les marques qui auront la plus longue espérance de vie, et la meilleure qualité, quitte à payer plus cher à l'achat. Et ce serait un bon moyen de casser ce cycle infernal du marketing qui nous conditionne à toujours rechercher ce qu'il y a de plus récent.

Ça vous paraît complètement farfelu ?
Alors demandez-vous ce que vous auriez pensé en 1988 d'un constructeur automobile qui aurait alors communiqué sur les faibles émissions de CO2 ou la sécurité procurée par sa voiture ?
On l'aurait sûrement pris pour un fou à l'époque des voitures phallo-rapides...

Bon. On commence quand ?

Commentaires

  1. Si le durable devient mainstream, l'hyperconsommation sera hype et tout sera à refaire !

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  2. Le lien vers l'article sur GreenIT.fr : http://www.greenit.fr/article/bonnes-pratiques/de-l-obsolescence-programmee-a-l-obsolescence-percue-comment-peut-on-lutter

    @Fabien : pas d'accord. Si tout le monde se met à conserver plus longtemps ses appareils ménager, électroniques, voitures, etc. et à en acheter d'occasion (ce qui est déjà le cas pour les logements et les voitures), alors le volume globale de biens manufacturés baissera.

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  3. @Fred => désolé pour le lien, c'est un oubli. Je vais le relinker.

    @ Fabien : comme Fred, je ne suis pas d'accord. L'hyperconsommation de produits neufs est déjà à la mode, depuis de nombreuses années déjà (trente glorieuses + trente piteuses quasiment). Si le durable remplace le jetable, les industriels et les marketeux suivront. Il suffit de voir la tendance muette chez les fabricants de voiture, chez qui certains proposent des garanties de 7 ans. La baisse de chiffre provoquée par le non-renouvellement serait sans difficulté compensée par un prix d'achat plus élevé (les clients étant prêts à payer plus cher pour des produits de meilleure qualité et de plus grande longévité) et par les services d'entretien (ne peut être durable que ce qui sera entretenu).
    Utopie ?

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  4. Ma voiture a 235000km, mon téléphone portable a 8 ans et j'ai encore un powerbook qui a facile 15 ans!! (disque dur de 80 MO quand même! lol) mais hélas, je ne l'utilise plus...
    Je suis trop hype alors!!

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  5. je suis contre l'obsolescence programmée.on nous "force" à acheter à crédit-jeter-polluer.nous sommes libre de refuser ce système, tout au moins de lutter contre tout ce gaspillage chaque jours.ceci n'implique pas un retour à une époque préhistorique, mais plutôt à une prise de conscience individuelle que nous avons le pouvoir de changer les choses pour un mode plus équitable.

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  6. c bien gentil de parler mais qui agit? qqn sait ou je peux faire pimper ma 4L(qui a mon age! ^^) en mode moteur a eau?

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  7. C'est toujours tres beau l'utopie. Seul hic : sans l'acces aux machine de guerre de propagande politico-mediatique, l'influence de cette action sera équivalente à celle d'un pet de souris dans l'espace intersidérale. Et meme si par hazard la mode prenait, ce serait la fin de la société de consommation. Les dégats seraient considérables! Si ont arrétait tous de consommer à outrance, ont briserait la croissance. Les deficits seraient alors impossible à rembourser (les recettes de la TVA seraient reduits à néant). Ont me dira que les salaires non investis dans la consommation iraient dans l'epargne, mais sans consommation, beaucoup d'entreprise devront mettre la clef sous la porte, dont hausse du chomagedonc moins de salaire, moins de richesse produite, donc moins d'epargne. Ont est dans une impasse. Ont ne peut pas sortir de la société de consommation sans degats colatéraux majeurs, à savoir une crise economique sans précédent.

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  8. Bonjour,

    Il me semble que le commentaire précédent laisse supposer que la sortie de l'obsolescence programmée est incompatible avec les modèles économiques acteullement en place, avec la concurrence et l'économie de marché, etc. Oui et non. Non elle ne l'est pas, mais les conséquences d'une sortie de l'obsolescence seraient dangereuses dans ce modèle économique concurrentiel, car elle entrainerait le chômage de masse et l'accroissement dans inégalités sociales, et certainement le développement de régimes autoritaires pour péréniser ce changement. Il faudrait être profondément misanthrope pour s'engager dans une voie qui tente de concilier économie de marché et sortie de l'obsolescence. Le problème repose ainsi sur la possibilité de transiter de l'économie de marchée à un autre modèle économique.

    Voici ce que nous pensons :
    la sortie de l'obsolescence programmée:
    -est un nécessité sociale si nous souhaitons un avenir décent pour nous et ceux qui nous succèderont sur cette terre.
    -implique une transformation profonde de l'organisation socio-économique de nos sociétés, des changements de mentalité et de pratiques quotidiennes. Ceci commence par des choses simples, faisables au niveau individuel ou à petite échelle : la conservation, le soin apporté aux objets, la récupération, la réparation, le don de ce dont on ne se sert plus, etc.
    -doit être coordonnée au niveau mondial, ou au moins intercontinentale, et s'opérer dans les pays les plus industrialisés.
    -entrainera une diminution de la charge de travail socialement nécessaire
    -ne doit pas léser les salariés
    -mais au contraire être coordonnée avec une politique de réduction et de répartition équitable du temps de travail, de requalification et de soutient des salariés.
    De ce fait, elle ne pourra être le fruit des gouvernements actuels, ni du monde de LA politique, de l'industrie et de la finance. Elle devra venir d'ailleur, des gens eux-mêmes. De leur capacité à élaborer en commun une alternative à cette société. Pour ce type d'initiative, on pourrait par exemple s'inspirer du mouvement des Indignés.

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