Du web, du print, du web-to-print, beaucoup de marketing, un peu d'ergonomie, une touche de tactile.
Et trois pincées d'Aveyron.
mercredi 30 juin 2010
Table ronde Wedia : Communication responsable et enjeux business
Wedia a organisé une nouvelle table ronde “Prime-Time Cross-Media” en collaboration avec Le Figaro et Stratégies. Je vous invite à découvrir la vidéo de cette table-ronde à cette adresse :
samedi 26 juin 2010
Le web-to-print au service de l'imprimerie
J'ai reçu beaucoup de messages suite à mon précédent billet consacré au greenwashing dans l'imprimerie. Beaucoup de ces mails venaient notamment d'imprimeurs concernés par cette problématique et qui, au-delà des engagements environnementaux et des certifications, souhaitaient acquérir de nouveaux outils qui prolongeraient leur démarche en faveur d'une imprimerie plus propre, tout en leur ouvrant les portes de nouveaux marchés.
C'est pour cette raison que je souhaite revenir sur cette formidable opportunité que représente le web-to-print pour les imprimeurs, quelle que soit leur taille.
Ces opportunités se situent à 3 niveaux :
- sur le plan environnemental : tous les imprimeurs sont dotés de serveurs FTP, et ça depuis plusieurs années. Sauf qu'aujourd'hui cela ne suffit plus ; pire, on constate de plus en plus un retour à une gabegie d'impressions préliminaires à fin de relecture, tendance accentuées par la complexification des circuits de validation dans les entreprises et les collectivités. Le PDF c'est bien, mais on aime toujours autant les sorties papier pour relire et corriger. Par ailleurs, la démocratisation des appareils photos numériques entraîne une inflation des échanges de visuels entre les annonceurs et les concepteurs, ce qui se traduit fréquemment par des échanges incessants de mails, de clés USB ou de CD / DVD. Une plateforme éditoriale web-to-print constitue le moyen le plus efficace de contourner ces problématiques : les clients peuvent créer leurs propres supports à partir de modèles pré-définis, pour y déposer ensuite textes et photos sans quitter leur navigateur web. Les validations, corrections et annotations se font en ligne, sans générer le moindre PDF ou le moindre e-mail, et tout est rassemblé dans la plateforme qui constitue ainsi la base de centralisation de toutes les données. L'imprimeur et ses clients entrent de cette manière dans une véritable démarche de dématérialisation, qui génère souvent une prise de conscience intéressante chez les clients ; ils se rendent ainsi compte des avantages du travail collaboratif à distance, et du confort que cela procure. Télétravail, échanges à distance, télécollaboration, les plateformes web-to-print démocratisent et évangélisent ces concepts, en créant une sorte de cercle vertueux. Enfin, si l'imprimeur fait le choix de solutions mutualisées (plateformes SaaS ou PaaS), il optimise l'impact environnemental de ce choix technologique, puisque toute l'infrastructure nécessaire (serveurs web, robots de composition…) est mutualisée entre plusieurs clients, et répartie en fonction des besoins de chacun. Dernier point : les plateformes web-to-print permettent de réaliser depuis un simple navigateur web des opérations de PAO qui jusque-là nécessitaient des machines et des logiciels très sophistiqués : ce choix technologique permet, à périmètre fonctionnel égal, d'utiliser des ordinateurs plus anciens. Or dans le domaine de l'informatique, le levier principal de l'éco-démarche consiste à utiliser ses ordinateurs le plus longtemps possible…
- sur le plan technologique et méthodologique : l'introduction d'une plateforme éditoriale web-to-print dans la relation annonceur-imprimeur permet de rationaliser les échanges. De façon douce, de nouvelles procédures de validation ou d'échange de données sont mises en place ; les bénéfices procurés par le nouvel outil facilitent le plus souvent l'acceptation de ces quelques contraintes par le client. Or cette rationalisation se traduit par une plus grande efficience de l'imprimeur. Par ailleurs, couplée à des flux automatisés et / ou des médiathèques, les plateformes web-to-print deviennent de redoutables outils pour laisser les clients générer leurs documents en autonomie, tout en ayant déployé toutes les sécurités nécessaires pour sécuriser et baliser leur travail. Tout cela au final, se traduisant par un gain financier pour l'imprimeur.
- sur le plan commercial : chez tous les imprimeurs que je connais et qui se sont équipés d'une plateforme web-to-print, le constat est le même : la plateforme web-to-print est un "plus" indéniable, à l'heure où chaque prestataire tente à tout prix de se différencier de ses concurrents. Associée à une démarche environnementale sérieuse, et à un savoir-faire avéré, elle constitue un avantage concurrentiel qui fait souvent la différence. Le client gagne en autonomie, en rapidité, en fiabilité et en procédures de validation ; il utilise un outil web souvent ludique, et c'est ce qui fait la différence.
Enfin, j'ajouterai qu'à l'heure où le cross-media se démocratise, ces plateformes ouvrent de nouvelles perspectives à une industrie bien malmenée : en effet, pourquoi l'imprimeur ne deviendrait-il pas l'éditeur multicanal des entreprises et des collectivités ? Grâce aux plateformes cross-media, il pourrait ainsi centraliser les données (cette fameuse communication liquide) puis en fonction des besoins réels de ses clients, optimiser leur diffusion sur chaque canal disponible : l'imprimé, bien sûr, mais aussi les terminaux tels que les iPad ou les smartphones, les réseaux sociaux, les sites web, les flux RSS…
Finalement, optimiser la communication pour n'imprimer que le strict nécessaire, tout en ouvrant de nouvelles sources de revenus pour les imprimeurs, c'est peut-être une des solutions pour accompagner la transformation de l'industrie de l'imprimerie…
mardi 22 juin 2010
L'imprimerie et le piège du greenwashing
Dans les métiers de l'imprimerie comme dans la plupart des secteurs, la mode est au vert. Pas à l'encre ni au Pantone : plutôt à une bonne couche de peinture verte bien épaisse censée recouvrir les aspects les moins reluisants de cette industrie. En d'autres termes, il faut faire bio, il faut faire beau, il faut faire écolo. C'est ce que l'on appelle le “greenwashing”, ou l'éco-blanchiment en bon français.
Il en est dans ce domaine comme dans bien d'autres : il existe des gens sérieux, des professionnels consciencieux, honnêtes et rigoureux. Et puis il y a les autres : ceux qui profitent de la vague verte pour gagner de nouveaux clients, ou éviter d'en perdre, ou tout simplement se donner bonne conscience.
Lorsqu'on est acheteur de services d'imprimerie, il est franchement difficile de s'y retrouver dans la jungle des labels et certifications qui s'affichent au fronton des imprimeries.
Voici quelques conseils, issus de ma propre expérience, et que je vous invite à largement commenter et critiquer !
1. Commencez par faire votre autocritique
Charité bien ordonnée commence par soi-même. Avant d'exiger de vos fournisseurs d'être vertueux, commencez par réfléchir à ce que vous leur demandez.
Pour la petite histoire, un client m'a un jour demandé de basculer tout son magazine en papier recyclé, pour une démarche écolo-machin, et pour afficher un joli logo. Sauf que… rapidement, il a trouvé que le papier manquait de “main”, c'est-à-dire de tenue par rapport à l'ancien papier.
Et donc, il a demandé qu'on applique… un pelliculage sur le papier recyclé. L’opération revient à plaquer une feuille de plastique sur le papier, ce qui le rend de fait totalement in-recyclable. Un véritable non-sens écologique, du même genre que de louer un hélico pour faire des photos afin de dénoncer les effets du réchauffement climatique… ;-)
Cet exemple vous paraît délirant ? N'importe quel imprimeur vous en citera des similaires.
Donc soyez raisonnable : évitez les vernis, les pelliculages… et avant chaque projet, demandez l'avis d'un professionnel, soit chez l'imprimeur, soit dans une agence de communication. Et surtout, écoutez ses conseils…
2. Ecologie ne rime pas forcément avec papier recyclé
On nous martèle en permanence qu'il faut recycler, et que le papier recyclé, c'est le top.
En grande partie, c'est vrai. S'il est essentiel de recycler notre papier, j'ajouterais quelques bémols :
- avant de penser à recycler, pensez à moins produire : donc réfléchissez à la manière dont vous pouvez réduire votre production d'imprimés. Soit en utilisant des procédés qui permettent de commander au fil de vos besoins (le numérique et le e-procurement sont très intéressants à ce sujet) et donc éviter de gérer des gros volumes qui parfois finissent à la benne. Soit en choisissant des supports numériques lorsque c'est approprié : par exemple, opter pour des versions PDF de vos documentations, des catalogues électroniques…
- la filière papier est essentielle, ne l'oublions pas : j'ai travaillé il y a quelques années pour un exploitant forestier. Bien sûr, il était contre le papier recyclé, le contraire m'aurait étonné. Mais il m'a expliqué que les déchets de ses scieries étaient vendus aux papetiers pour fabriquer de la pâte à papier. On ne coupe plus d'arbres pour faire du papier en France, du moins, c'est ce qu'il m'a dit. C'est à vérifier. Par contre, il m'a expliqué que sans cette vente de déchets de scierie pour faire de la pâte à papier, son activité ne serait plus rentable économiquement, et ce qui nuirait à la filière forestière, qui rappelons-le entretient et valorise nos forêts. Donc je pose cette question : entre du papier recyclé produit au Danemark et acheminé en France par camions, et du papier “classique”, produit dans nos contrées, je ne sais pas lequel des deux à le meilleur – ou le moins pire – bilan carbone ;
- il existe des labels pour les papiers non-recyclés : depuis 10 ans, les papetiers et les professionnels du bois font des efforts énormes. Des labels reconnus attestent de la manière dont sont gérés les forêts. Si vous n'optez pas pour un papier recyclé, pour diverses raisons, vous pouvez choisir du papier “classique”, à condition qu'il soit certifié FSC ou PEFC. A ma connaissance, ce sont les 2 seuls labels véritables, qui vous garantissent un achat responsable, et qui vous affranchissent d'acheter du papier qui proviendraient de sources “douteuses”, tels que les proposent certains papetiers, notamment asiatiques.
- Recyclé + FSC : prenez le meilleur des deux mondes ! le papier recyclé n'est pas toujours très flatteur, mais il donne une belle image à l'entreprise. Et le papier FSC s'il est très beau, est moins connu du grand public. Sachez qu'aujourd'hui, des papetiers proposent de nouveaux papiers magnifiques, composés d'un mélange de papier recyclé et de papier FSC. C'est à mon avis un des meilleurs compromis.
3. Faites l'audit de votre imprimeur
Aujourd'hui, quasiment tous les imprimeurs arborent des labels liés au développement durable. On s'y perd franchement, entre les labels de corporation, les normes ISO, les labels auto-promus à la limite de la légalité…
Je vous conseille donc :
- de privilégier les imprimeurs qui ont une démarche ISO 14001, FSC et PEFC. Ce sont des normes véritablement sérieuses, qui exigent un suivi dans le temps pour être renouvellées…
- de vous intéresser aux imprimeurs qui ont le label "Imprim'vert", mais en veillant à ce que ce label soit renouvellé chaque année. C'est une démarche constante qu'il faut répéter dans le temps…
- de procéder à votre propre audit : en effet, il existe énormément de paramètres qui influent sur l'impact environnemental de votre imprimeur. Le type d'encres qu'il utilise, la manière dont il retraite ses déchets, la façon dont il est organisé… Le WWF a publié un fantastique document à ce sujet : il s'agit d'une grille d'audit des imprimeurs, qui passe en revue chacun de ces aspects. C'est très pertinent.
- d'opter pour des plateformes de dématérialisation : la création des supports de communication est une activité génératrice de pollution. Impressions à n'en plus finir, réunions, déplacements, supports magnétiques jetables, épreuves de validation… vous pouvez réduire tout cela en vous équipant d'une plateforme éditoriale web-to-print, ou en choisissant un imprimeur qui en est équipé. Pour ceux que le sujet intéresse, j'avais rédigé un livre blanc à ce sujet il y a deux ans.
En conclusion…
Il est louable et même essentiel de réfléchir à la réduction de son empreinte environnementale. Mais quitte à le faire, faites-le de façon éclairée, en vous posant les bonnes questions, pour choisir les bons interlocuteurs. Ne cédez pas aux sirènes du greenwashing !!
Et si vous êtes perdus, n'hésitez pas à faire appel à des spécialistes qui vous conseilleront dans cette démarche.
Pour terminer, j'ai dû nécessairement louper des certifications, ou des normes. N'hésitez pas à m'en faire part, je corrigerai mon article au fur et à mesure.
A+
Lien supplémentaire : http://fr.ekopedia.org/%C3%89colabel
************** DERNIÈRE MINUTE ***************
Je voudrais vous inciter à lire un excellent blog que ce post m'a permis de découvrir : celui de l'imprimerie Villière, qui milite en ce sens.
Je vous conseille notamment de consulter leur post sur le sujet des encres végétales qui, comme je l'ignorais, sont constituées à base… d'huile de palme.
- L'article "Encre végétale : boulechite"
- L'éco-blog
vendredi 18 juin 2010
Découvrez la plateforme de publication multicanal Wedia Cross-Media
Wedia, l'un des leaders français dans l'édition de plateformes de gestion de contenu et de publication multicanal, vient d'annoncer la sortie d'un nouveau site web consacré à Wedia Cross-Media.
Wedia Cross-Media est “la première plateforme collaborative de publication multicanal conçue pour gérer, décliner, et valoriser des contenus sur plusieurs médias à la fois, qu'ils soient papier ou numériques”.
Wedia Cross-Media est une solution polyvalente et totalement malléable, qui convient aussi bien aux publications marketing qu'au brand management, à la gestion de contenus web ou à la production de catalogues.
Le cockpit des Directions Marketing et Communication
Wedia Cross-Media a été spécialement conçu pour les directions marketing & communication : ce véritable “cockpit” leur permet en effet de gérer tous les aspects de leurs campagnes, pour réaliser tous les supports requis, qu'il s'agisse de supports papiers (dépliants, plaquettes) ou digitaux (e-mailing, bannières publicitaires, lettres d'informations). Wedia Cross-Media est au-delà du CMS : il permet “d'optimiser les sites web et la relation client (profiling, personnalisation, fonctions collaboratives, web 2.0), de diffuser de façon cohérente et homogène l'identité d'une marque sur Internet et sur les supports papier et de gérer et publier des offres produits sous forme de catalogues”.
Je vous invite à découvrir ce nouveau site, et pourquoi pas, à contacter l'équipe commerciale de Wedia pour une démo personnalisée.
lundi 14 juin 2010
SaaS, PaaS, ASP ou Legacy ?
Je reçois régulièrement via ce blog ou par Viadeo des demandes de personnes qui souhaitent s'équiper d'une plateforme éditoriale, mais qui ne savent pas quelle formule choisir.
Je vous propose de faire un point sur les différents modes de commercialisation qui existent dans ce domaine.
Avant-propos
Une plateforme éditoriale est généralement constituée de plusieurs composants ; pour résumer, on distingue :
- le moteur de composition : il s'agit de la technologie qui permet de créer automatiquement des pages Indesign ou Quark Xpress en combinant des mises en pages et des contenus textes + images issus de l'interface de gestion de contenu ; à ce niveau, il n'existe pas 50 technologies sur le marché. Principalement, on trouve Adobe Indesign Server et Quark Xpress Server, et quelques autres principes basés soient sur des technologies propriétaires (par exemple PageFlex), soit sur de la composition en Flash/Flex ou via des modifications de PDF ; certains éditeurs conçoivent même des plugins (logiciels additionnels) pour Indesign ou Quark Xpress afin de mieux interagir avec ces technologies ;
- l'interface de gestion de contenu : il s'agit de la “couche” logicielle qui va assurer l'interface entre les utilisateurs et les moteurs de composition ; par exemple, dans une solution web-to-print, l'interface de gestion de contenu va consister en un service web destinée à permettre aux utilisateurs de saisir des contenus texte et images depuis leur navigateur web directement dans leurs documents print. A chaque instant, ce service web va dialoguer avec le moteur de composition pour "injecter" les données saisies depuis l'interface web dans les mises en page print. Cette interface constitue la partie visible de l'iceberg en quelque sorte…
- des modules optionnels : en fonction des besoins et des environnements dans lesquels ces plateformes vont être déployés, des technologies tierces peuvent se greffer au noyau central constitué de l'interface de gestion de contenu et du moteur de composition :
- un moteur de rendu PDF dédié (tel que Adobe PDF Print Engine ou Jaws PDF Server),
- un automate pour générer des workflows automatisés (par exemple, Enfocus PowerSwitch),
- un serveur de gestion des typos (tel que Extensis Universal Type Server)
- ou encore, des serveurs de gestion de médiathèque (D.A.M. pour Digital Asset Management) – de contenus (E.C.M. pour Entreprise Content Management) ou de base produits (P.I.M. pour Product Information Management).
Il faut bien sûr rajouter à cet ensemble tous les aspects d'hébergement, de maintenance, de sauvegarde… qui sont souvent très onéreux, compte-tenu de la sophistication de ces ensembles. Vous l'aurez donc compris, une plateforme éditoriale, ce n'est pas si simple : il s'agit d'un éco-système subtil qui combine des technologies très sophistiquées.
1. Le 100% dédié, ou “Legacy” Insourcé*[voir note de bas de page]
Si vous êtes une entreprise qui souhaite s'équiper d'un nouvel outil logiciel, la démarche la plus “logique” consiste à contacter un éditeur de logiciels pour acheter une plateforme éditoriale.
Vous faites l'acquisition de tous les composants (moteur de composition, interface de gestion de contenu, gestionnaire de médiathèques…), vous les stockez sur vos propres serveurs, et vous les hébergez sur votre propre infrastructure IT, ou chez le prestataire de votre choix.
Dans ce scénario, la plateforme éditoriale est votre entière propriété ; elle fait partie du patrimoine de votre entreprise (d'où le terme de “legacy” insourcé) au même titre que votre ERP ou que vos serveurs.
L'offre “legacy” insourcée convient généralement très bien aux grandes entreprises, qui gèrent de gros volumes de documents, ou qui ont des besoins très spécifiques compte-tenu de leur environnement de travail.
2. L’ASP (Application Service Provider)
L'offre ASP diffère de l'offre “legacy” insourcée sur deux points :
- les services (moteur de composition, interface de gestion de contenu) sont hébergés chez un prestataire dédié, à l'extérieur de l'infrastructure de votre entreprise,
- vous n'achetez pas les licences des logiciels : vous “louez” l'usage de ce service dédié via le paiement mensuel d'un montant qui englobe le coût des licences logicielles, l'hébergement, l'assistance, les mises à jour… Quand je dis “louer”, on est plus dans la logique du leasing automobile que de la véritable location. Suivant les éditeurs ou les offres de financement, on peut aller de la location sèche aux formules de paiements échelonnés sur plusieurs mois.
Que l'on soit bien d'accord : dans l'offre ASP, chaque composant vous est dédié ; les moteurs de composition par exemple ne servent qu'à vous, ils ne sont pas partagés avec aucun autre client, et le ou les serveurs physiques vous sont intégralement réservés.
L'ASP est généralement choisi par des entreprises qui cherchent un bon compromis : disposer d'une solution dédiée, souvent personnalisée en fonction de leurs besoins, mais hébergée à l'extérieur de leur infrastructure, et payée de manière échelonnée sur plusieurs années, via un forfait "tout compris". L'ASP allie le bénéfice des solutions dédiées avec la souplesse d'un hébergement hors de l'infrastructure IT de l'entreprise.
3. Le SaaS et le PaaS
Le SaaS signifie “Software as a Service”, et le PaaS : “Platform as a Service”.
Quelle est la différence avec les 2 modes de consommation précédents ?
Tout d'abord le “…aaS” repose sur le principe de la mutualisation. Les différentes “briques” qui composent la plateforme éditoriale ne vous sont plus dédiées, mais partagées entre plusieurs clients. Cela est vrai autant pour les briques logicielles que pour les serveurs physiques. Cette logique porte le nom anglais de “multitenant”.
Autre différence entre les offres “legacy” insourcée ou ASP et les offres …aaS : le mode de consommation :
- dans les offres traditionnelles, type
“legacy”insourcée ou ASP, un grand nombre de frais fixes sont à votre charge (achat des serveurs, hébergement, coût des licences) et ce, quel que soit votre niveau de consommation ; vous allez amortir ces frais fixes et incompressibles au fur et à mesure de l'usage de votre plateforme ; - dans les offres SaaS ou PaaS, vous payez en fonction de vos besoins ; c'est une sorte de formule à la carte, qui repose sur le principe du “je consomme, je paye ; je ne consomme pas, je ne paye pas”. Vous disposez aussi toujours des dernières versions du logiciel, sans avoir à payer de supplément pour sa mise à jour.
Maintenant, quelle est la différence entre les offres SaaS et les offres PaaS ?
C'est très simple :
- dans une offre “SaaS”, vous accédez par le web à un service que vous allez utiliser tel quel, en payant un montant proportionnel à l'usage que vous en ferez ; vous n'avez pas la possibilité de personnaliser ce service, vous l'utilisez en l'état, et en général, vous ne disposez pas de passerelles vers votre propre infrastructure informatique ;
- dans une offre “PaaS”, c'est un petit peu différent : vous accédez à la technologie, que vous avez le droit de personnaliser, moyennant un coût supérieur. Vous pouvez ainsi soit personnaliser l'interface, soit ajouter ou retirer certains services, soit créer des passerelles vers vos propres logiciels, pour coupler par exemple votre plateforme éditoriale à votre médiathèque interne.
Pour résumer :
- Le
“legacy”insourcé : vous achetez, vous payez, vous hébergez ; Exemple : c'est un peu comme si une entreprise achetait 20 voitures pour ses collaborateurs, en prenant à sa charge l'entretien, l'amortissement et le renouvellement. - L'ASP : vous louez sur plusieurs années une plateforme qui vous est dédiée, qui a été personnalisée suivant vos besoins et qui est hébergée à l'extérieur de votre infrastructure ; dans ce cas, c'est comme si l'entreprise faisait appel à un prestataire de gestion de flotte de véhicule. Exemple : L'entreprise choisit les modèles de véhicules, puis paye un montant mensuel qui intègre le coût des véhicules, les assurances, l'entretien… Mais ces véhicules sont réservés à son usage.
- Le SaaS : vous accédez à un service web que vous allez utiliser en l'état, sans possibilité de personnalisation, mais en ne payant que ce dont vous avez besoin. Par contre, toute l'infrastructure est mutualisée entre plusieurs clients ; Exemple : dans ce cas, l'entreprise envoie ses collaborateurs, lorsqu'ils ont besoin d'un véhicule, chez le loueur le plus proche, qui leur loue la voiture dont ils ont besoin. L'entreprise ne peut choisir ni le modèle, ni sa couleur, mais par contre, elle ne paie qu'en fonction du kilométrage parcouru.
Le PaaS quant à lui est un compromis entre le SaaS et l'ASP, puisque vous bénéficiez de tous les avantages du SaaS, avec en plus la possibilité de personnaliser la technologie, ce qui rapproche alors l'offre PaaS de l'ASP.
Si on termine sur notre parallèle avec la gestion de la flotte de véhicules, c'est un petit peu comme si l'entreprise passait un accord avec le loueur de voitures le plus proche pour qu'il lui mette à disposition un "crédit temps" mensuel, l'entreprise pouvant ensuite utiliser ce crédit temps en modulant ses besoins : par exemple, la premier mois, louer des berlines, puis le mois suivant, louer des utilitaires. Les véhicules sont toujours "mutualisés", mais leur utilisation et leur location sont personnalisées en fonction des besoin du client.
Si on termine sur notre parallèle avec la gestion de la flotte de véhicules, c'est un petit peu comme si l'entreprise passait un accord avec le loueur de voitures le plus proche pour qu'il lui mette à disposition un "crédit temps" mensuel, l'entreprise pouvant ensuite utiliser ce crédit temps en modulant ses besoins : par exemple, la premier mois, louer des berlines, puis le mois suivant, louer des utilitaires. Les véhicules sont toujours "mutualisés", mais leur utilisation et leur location sont personnalisées en fonction des besoin du client.
4. Alors, je choisis quoi, moi ?
Maintenant que je vous ai exposé les différents modes de distribution des plateformes éditoriales, vous allez vouloir savoir quelle option vous devez choisir…
C'est là qu'un diagnostic sérieux et approfondi de votre problématique doit être réalisé.
En effet, il n'existe pas une offre meilleure qu'une autre. Chaque offre est adaptée à un type de besoin. Il faut donc réaliser, ou faire réaliser, un diagnostic complet de vos besoins, de vos méthodes de travail, et un état des lieux de votre infrastructure informatique, afin de déterminer un cahier des charges précis, qui vous permettra naturellement de vous tourner vers une offre plutôt qu'une autre.
La meilleure solution dans ce cas consiste à faire appel à un consultant spécialisé, qui vous aider dans la rédaction du cahier des charges.
________
*Pan sur le bec !
Un lecteur attentif – big up pour Olivier – m'a fait remarqué à juste titre que j'utilisais le terme “Legacy” à mauvais escient. Le terme “Legacy” désigne un vieux logiciel, hérité des périodes précédentes, par exemple “un logiciel de contrôle de gestion sur AS/400 en Cobol”.
Le terme approprié à la description que j'ai fait serait “insourcé”.
Toutes mes excuses pour cette méprise.
Plus d'infos à ce sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Legacy
Et n'hésitez pas, tous les commentaires sont les bienvenus !
Libellés :
Adobe PDF print engine,
ASP,
cloud computing,
DAM,
ECM,
Indesign Server,
jaws PDF server,
legacy,
multitenant,
PaaS,
PIM,
Powerswitch,
Quark Xpress Serveur,
saas
Publié par
Ludovic Martin
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jeudi 10 juin 2010
Facebook m'a tuer
Je suis tombé ce matin sur un article du Journal du Net qui m'a plus que fasciné.
Je cite : “Passé de mode, Second Life licencie 30% de ses effectifs”.
Cet excellent article nous explique que Second Life n'a plus, mais alors plus du tout la cote auprès des internautes. Le web 2.0 est passé par là, et les Facebook, MySpace, Copains d'Avant et autres Viadeo ont balayé le “deuxième monde”.
Au point qu'aujourd'hui, Linden Labs doit remettre en question rapidement son modèle économique, c'est une question de survie.
Juste pour le fun, et à l'attention de nos lecteurs les plus jeunes qui ne sauraient pas ce qu'est un disque Zip, je voudrais vous remémorer un autre article du JDN, qui doit dater de 2005 ou 2006, et qui titrait :
“Pourquoi Second Life fascine les plus grands :
Foulé par plus d'un million d'avatars, le sol virtuel du jeu de rôle en 3D attire aussi les entreprises. IBM, Sun ou PA Consulting y voient en effet un formidable laboratoire pour leurs produits ou un terrain privilégié de recrutement, voire bien plus encore...”
Foulé par plus d'un million d'avatars, le sol virtuel du jeu de rôle en 3D attire aussi les entreprises. IBM, Sun ou PA Consulting y voient en effet un formidable laboratoire pour leurs produits ou un terrain privilégié de recrutement, voire bien plus encore...”
Ça me fascine : quand je travaillais en agence de communication à cette époque, je ne vous raconte pas la quantité de clients, PME ou grands comptes, qui sont venus nous trouver en nous disant : “Faut qu'on soit sur Second Life !!!”. Et nous de répondre, “bon, ben voui, on va voir ce qu'on peut faire”. J'avoue n'avoir jamais rien compris à cet univers, même si ça ne m'a pas empêché d'en faire la promotion (mea culpa, je travaillais dans la pub, vous savez, ce temple du “mentir vrai” cher à Aragon).
Des web agencies se spécialisaient à l'époque là-dedans, et on nous annonçait que c'était ÇA, le futur de l'internet.
En trois ans, ça été plié. Le truc est passé de mode, les internautes ont “switché” vers d'autres médias, ils se sont lassés de leur jouet virtuel.
L'histoire se répète me direz-vous…
Si on creuse les archives du web, on tombe sur des choses extraordinaires.
Je voudrais juste vous en citer une, que je trouve fabuleuse, et que j'avais vu passer sur un site dont j'ai perdu le nom – que son auteur me pardonne.
Je vous la fait en anglais : “Quark tries to buy Adobe”
Ce qui donne en français : “Quark essaye d'acheter Adobe”.
Ça surprend hein ? C’est un article qui date de… 1998 !! Voici l'original.
A l'époque, Adobe n'était pas au mieux de sa forme, et Quark était le leader incontesté sur son marché, avec des réserves d'argent conséquentes et un appétit redoutable.
En 12 ans, les choses ont bien changé n'est-ce pas ?
Alors me direz-vous, “quelle est la morale de tout cela ?”.
Y'en n'a pas ! :o)
Ou plutôt si… Je dirai juste : faites attention à ceux qui vous prédisent la fin de la presse écrite, l'avènement du tout iPad, la mort programmée du Flash, la fin des blogs, et autres divinations incantatoires…
Nous sommes dans un domaine dans lequel les gens se lassent très vite, et où les phénomènes de mode s'éteignent de façon inversement proportionnelle à l'engouement qu'ils ont suscité. Bien malin celui qui sait ce qui nous plaira à nous internautes dans 3 ans.
Même si les progrès technologiques permettent d'élargir le champ des possibles comme on dit, je reste convaincu que l'humain lambda va sur Internet pour s'informer, échanger et se divertir. Et ça, depuis le début.
Bien sûr, la manière dont il procède évolue dans le temps, à la faveur des innovations technologiques et des modes. Ce qu'il faisait avant sur un ordinateur de bureau, il l'a fait ensuite sur un Palm, puis sur Blackberry puis un iPhone, avant de le faire aujourd'hui sur un iPad. L'outil change, la forme aussi, mais au fond, les besoins restent les mêmes.
Pour conclure, et revenir à Second Life, je constate à titre personnel une tendance, que cet article confirme : avec le temps, et l'enrichissement de l'offre, j'ai le sentiment que les internautes vont au plus simple pour répondre à leurs besoins.
Pour échanger et se divertir, ils ont ainsi délaissé Second Life qui était une vraie usine à gaz pour des interfaces simplistes telles que les proposent Twitter ou Facebook. Si vous réfléchissez un petit moment, ce constat s'appliquent à bien des domaines : on va au plus simple, au plus intuitif, au plus rapide et aussi parfois, au plus “jetable”. Une sorte de junk-surf en somme.
Cette évolution se retrouve également dans les applicatifs professionnels : après les extranet hyper-sophistiqués, les plateformes de e-commerce pour polytechniciens, les CMS de l'espace… on retrouve aujourd'hui des choses plus simples, avec un périmètre plus restreint, centrées sur un besoin et un type de produits bien identifiés.
Un retour au raisonnable et l'efficace en somme, après des années d'euphorie et d'exubérance.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Sources :
mardi 8 juin 2010
Les différentes facettes du web-to-print
Le web-to-print, qu'est ce que c'est ?
Tout d'abord, l'origine du terme semble remonter à la préhistoire, en 44 après Steve Jobs... soit vers 1999.
Je ne m'étendrais pas sur le sujet du qui a inventé ce terme, contrairement au "bling bling", il semble certain que Nicolas Domenach n'y soit pour rien.
Pour ma part, et ça n'engage que moi, je dirais que le web-to-print a commencé à se démocratiser avec un player nommé "Vistaprint", qui a inondé toutes les boites aux lettres de la planète d'e-mail commençant par "vos cartes de visite gratuites".
Mine de rien, c'est quand même eux qui ont rendu populaire le fait de modifier, depuis le web, un support imprimé. Ils n'ont rien inventé, il existait déjà des solutions de ce type, telles que PrintChannel, PrintCafé ou autre, mais eux, ils l'ont démocratisé avec le succès que l'on connaît.
Et bien pour schématiser, je dirais donc que le web to print, c'est ça : la capacité à modifier, depuis un navigateur web, le contenu d'un document destiné à être imprimé, soit chez un imprimeur, soit sur un système d'impression personnel, qu'il s'agisse d'une imprimante de bureau ou d'un système plus sophistiqué.
Il existe tout un tas de variantes dans le web-to-print (ou web2print, ou w2p) :
- tout d'abord, le process de base : celui qui consiste à permettre de modifier depuis le web un document print, sans passer par les logiciels classiques de mise en page. Ce concept a évolué au gré des années, au point aujourd'hui de permettre des modifications très élaborées, en mode WYSIWYG (je travaille directement dans le document final, d'une façon très naturelle). Ce processus est utilisé à la fois pour des documents basiques (personnaliser des cartes de visite) comme pour des documents plus élaborés, tels que des magazines, des brochures… On arrive à ce niveau dans le domaine des plateformes éditoriales, qui permettent à la fois de modifier le contenu d'un document print depuis le web, mais également de gérer des processus de validation, de l'assignation de page, des plannings, des médiathèques… bref tout ce qui se greffe autour d'un document ;
- ensuite, le print-on-demand (P.O.D.) ou e-procurement : à l'origine, il s'agissait uniquement de gérer de l'approvisionnement d'imprimés depuis le web, pour décentraliser les stocks et affiner leur gestion ; mais au fil des ans, la nécessité de pouvoir personnaliser certains éléments s'est fait ressentir, surtout que les outils le permettaient ;
- le P.O.D est souvent associé au V.D.P. (Variable Data Printing) : il s'agit d'associer une base de données (par exemple, une base client avec des habitudes de consommation) à des gabarits de mise en page, et de générer depuis le web tout un tas de supports marketing : brochures, mailings…
J'en ai sûrement oublié… mais comme vous le voyez, le concept central a été décliné depuis 10 ans en plusieurs modes différents, chaque mode étant adapté aux besoins d'une industrie :
- les plateformes éditoriales de publication dynamique, qui s'adressent plutôt aux services marketing, aux départements communication ou aux agences de publicité,
- les systèmes éditoriaux, qui concernent plutôt la presse écrite,
- le P.O.D. qui est souvent utilisé par les réseaux à enseigne, afin de permettre à leurs affiliés de disposer rapidement d'un marketing personnalisé conforme à l'identité graphique de l'enseigne,
- le V.D.P., très utilisé dans le marketing direct ou les catalogues,
- et enfin, le web-to-print "canal historique", tel que Vistaprint, Ooprint ou d'autres le propose… et qui consiste simplement à se créer des supports imprimés, tels qu'un photobook, des cartes de voeux ou un faire-part depuis le web.
Une chose est sûre, ce domaine évolue, à grande vitesse, et les mois qui viennent vont réserver bien des surprises.
samedi 5 juin 2010
Le web2print en vidéo
Les sites de vidéo regorgent de clips qui présentent différentes solutions du marché. Au fil des ans, je me suis constitué ma petite bibliothèque personnelle que j'ai décidé de vous livrer aujourd'hui. Il y a un peu de tout, des plateformes web-to-print aux solutions de données variables (VDP), mais je trouve cela très intéressant, car ça permet de comparer les “philosophies” de chaque éditeur : ce qui font des produits très “techies”, d’autres qui font des interfaces très simples, ceux qui basent tout sur le remplissage de formulaire, d'autres qui offrent une expérience d'immersion dans les documents… ça prend un peu de temps de toutes les visualiser, mais ça offre un bon panorama de l'offre existante sur le marché.
Voici la liste :
Bon, en premier, forcément, Expresso, de Wedia, vu que la voix off, c'est moi ;-) :
En plus, c'est de loin et en toute objectivité et sans aucun, mais alors aucun, parti pris, le meilleur produit du marché :o)
- 2imagine
- Adam DocMaker Studio
- Boxx
- CiBook
- Clixmedia
- DMP FloSuite + un exemple d'application pour Domino's Pizza
- eDition
- GreenWind Mill
- HiFlex Web2print + KBA Webshop (techno HiFlex)
- HPS Hub Publisher (Groupe Havas)
- iBrams Desktop Assistant
- IDMLib
- Intraprint
- NowPrint
- PrintShop mail suite
- Proforma
- Publiatis
- Quark Promote
- Reprozwölf
- RocketPrint Software
- TribalSketch
- VDPteam
- Vit2print FormVit
- Wedia : la vie en cross-media
- Zeta.
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Publié par
Ludovic Martin
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jeudi 3 juin 2010
Quelles sont les stratégies aujourd’hui possibles pour un imprimeur ?
Amis imprimeurs, ou lecteurs imprimophiles, je vous invite à lire l'excellent article (comme toujours) d'Yves de Ternay consacré aux choix stratégiques que les imprimeurs doivent affronter aujourd'hui. Pour le lire, c'est par ici : http://ydeternay.canalblog.com/archives/2010/05/29/18039883.html .
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