Interfaces tactiles : Apple aurait-elle déclenché un “tsunami-boomerang” ?

Photo du réfrigérateur iFreeze de Brandt (source : © Teknologik)
Si Apple a réussi une révolution, c'est bien de celle des interfaces tactiles. Les smartphones existent depuis plus de dix ans. Les écrans tactiles, depuis plus longtemps encore : en 1998, je développais déjà des bornes interactives à base de systèmes Crestron, AMX ou de pads MicroTouch.
Ces systèmes avaient tous 2 points en commun : leur prix, très elevé, et leur technologie... pour le moins sophistiquée. Smartphones, tablettes ou systèmes tactiles ont longtemps été des “trucs d'ingénieurs”. Puissants, mais plutôt complexes, élitistes et globalement fermés, car basés sur des technologies propriétaires.

Apple est arrivée dans ce secteur : elle n'a pas inventée ni les smartphones, ni les écrans tactiles. Non, elle s'est “juste” contentée de les rendre accessibles, attractifs et terriblement tendances. De “trucs d'ingénieurs”, nous sommes ainsi passé à des “trucs géniaux, pratiques et sexy”. Ça a suffit pour créer une déferlante avec le succès que l'on connaît pour les iPad et iPhone.

Car c'est d'une déferlante dont il s'agit. Un tsunami même : le tactile est partout. Une interface, pour être belle et moderne, se doit d'être tactile. Nos GPS sont tactiles, les écrans embarqués dans nos voitures doivent être tactiles, nos TV, nos frigos et nos fours vont bientôt l'être...
Tout le monde en veut : le tactile, c'est beau, pratique, résistant... et tellement ergonomique.

Mais à mon avis, c'est bien là que le bât blesse : Apple a déclenché un tsunami, encore une fois, en chamboulant les codes d'une industrie et en réussissant à créer un modèle disruptif dans un environnement très codifié. Sauf que cette fois-ci, je me demande si Apple n'a pas inventé le tsunami-boomerang : ou la vague qui part d'un épicentre situé à Cupertino, s'amplifie, pour faire subitement demi-tour et engloutir ce même épicentre...

Je m'explique : j'apprécie les systèmes et les logiciels de la Pomme. Mais il faut reconnaître qu'ils sont plutôt fermés. Souvent à juste titre, par souci de fiabilité et de simplicité. Parfois à “tort”, pour préserver un pré carré ou fidéliser à outrance ses clients.

Tout le monde s'accorde à reconnaître la supériorité ergonomique de iOS. Mais il reste qu'il s'agit d'un environnement fermé, dont Apple protège jalousement les codes.
Les industriels qui souhaiteraient embarquer des systèmes tactiles à l'intérieur de leurs produits sont donc gênés, voire empêchés, par les choix stratégiques d'Apple : un fabricant de chaudière, de volets roulants, de voitures, de four à micro-ondes ou de jouets qui veut ajouter une interface tactile "iPhone-like" n'a pas d'autres choix que de développer son propre système.

C'est qu'Android et WebOS d'HP représentent une vraie menace pour Apple. Si les éditeurs de ces OS sont suffisamment malins, ils ouvriront le code de leurs OS de façon à les rendre utilisables sur tous les “devices” possibles et imaginables, avec des kits clés-en-main pour faciliter leur déploiement et leur interfaçage. Le besoin de l'industrie en la matière sera tel que ces OS s'imposeront alors d'eux-mêmes comme des standards universels...

Mais nul doute qu'en attendant, Cupertino aura eu les moyens de construire des digues anti-tsunami autour des ses bureaux...

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