Le smartphone, l'avenir du web-to-print

Il y a une pub que j'aime bien en ce moment. C'est celle du dernier smartphone Motorola : un bogoss cadre sup' typé ubersexuel passe le portique de sécurité à l'aéroport. Il dépose sa veste et son smartphone sur le tapis. Et là, le mec chargé de la sécurité voit apparaître à l'écran... un ordinateur portable.
C'est kitsch, c'est bourré de clichés, ça aurait pu être tourné à la fin des années 80... mais ça reste efficace.
Pour illustrer la phénoménale puissance de nos petits téléphones, il faut bien reconnaître que les pubards de Motorola ont tapé dans le mille.

Le duo ordinateur de bureau / ordinateur portable (ou netbook) est en effet en train de laisser la place à une combinaison ordinateur portable / tablette / smartphone, la tablette pouvant d'ailleurs de muer en ordinateur portable si nécessaire, comme Asus le propose depuis peu.
Le Cloud aidant, les utilisateurs recherchent d'avantage de mobilité et de légèreté, ce qui marque inéluctablement la fin des stations de travail volumineuses.
Dans ce contexte, il est logique que toutes les applis, en particulier web, s'adaptent aux nouvelles générations de terminaux de lecture.

Le web-to-print traîne encore un peu des pieds : d'une part, il en est encore au stade où il doit convaincre les usagers du web de modifier leurs habitudes. D'autre part, les capacités restreintes des smartphones excluaient jusqu'à présent ce type d'usage.
Mais désormais, avec des écrans de plus en plus grands, des dalles tactiles de plus en plus précises, et des appareils photos intégrés de plusieurs millions de pixels, il n'y a théoriquement plus aucun frein à un usage de type web-to-print depuis le navigateur web d'un smartphone.

A force de consulter à longueur de journée vos magazines, vos comptes bancaires ou vos coupons de réductions, il y aura fatalement un moment où vous aurez besoin d'imprimer. Voire même, un moment où le bouton "imprimer" vous manquera cruellement.

Or qui dit smartphone, dit ultra-personnalisation et ultra-contextualisation.

C'est là que le web-to-print pourrait prendre tout son sens : capter les données environnantes pour pré-remplir un modèle, permettre d'injecter une photo prise à la volée, ou adapter un contenu en fonction de la puce RFID ou du code-barre du produit qui se trouve sous vos yeux !
Vous trouvez ça délirant ? Imaginez-vous à l'entrée d'un musée, dans un pays étranger : grâce à votre smartphone, vous pourriez imprimer depuis une borne en libre-service un mini-guide de visite dans votre langue, dont le contenu serait adapté à vos visites précédentes, et qui contiendrait, pourquoi pas, des coupons de réduction contextualisés suivant l'hôtel où vous résidez...
Autre possibilité : un commercial pourrait facilement personnaliser un devis, en prenant des photos sur site, en les insérant dans un modèle de document charté... et en imprimant la proposition commerciale depuis les bureaux de son client. Idéal pour appuyer un discours commercial et battre le fer tant qu'il est chaud...
Les smartphones sont capables de générer de la réalité augmentée : il n'y a donc pas de raisons qu'ils ne puissent pas produire de "l'imprimé augmenté" dans un futur proche...

Toutefois, cela pose encore deux problèmes majeurs :
  • il faudra adapter les systèmes web-to-print à un usage mobile, ce qui suppose un gros travail d'ergonomie, car il reste difficile de déplacer des éléments ou de les sélectionner via une interface tactile. Mais impossible n'est pas iPhone... ;-)
  • il faudra disposer d'un maillage de terminaux d'impression de proximité : eh oui, le parent pauvre des smartphones, ce sont bien les moyens d'impression. Et ça se comprend : le smartphone a été conçu d'une certaine manière comme un système anti-papier. Il suffit de prendre l'exemple des billets ou des coupons. Toutefois, on se rend de plus en plus compte que ces deux supports sont plus complémentaires que concurrents. Il suffit de regarder les initiatives Google CloudPrint, HP ePrint ou plus récemment, l'association EFI / Canon aux USA. Et d'observer la manière dont les utilisateurs appréhendent la photo numérique : le numérique a rapidement conquis le marché, mais au final, on souhaite toujours disposer d'un tirage papier d'un échantillon réduit de supports. Echantillon pour lequel on est prêt à investir pour de l'ultra qualitatif. Et après l'ère des imprimantes personnelles, voici maintenant que les sites de tirages et d'albums photos personnalisés croulent sous la demande. 
Des systèmes d'impression, finalement, on en trouve partout autour de nous. Et globalement, ils sont sous-exploités. Je vous parie que dans les années qui viennent, cette manière de consommer le papier va évoluer de façon à permettre la production de supports hyper-personnalisés à la demande, avec tirage instantané de documents hyper-qualitatifs.

C'est inévitable : dans un univers à dominante numérique, où tout expire très vite, et où les données sont extrêmement volatiles, le papier constitue le seul support durable. Comme l'or en matière d'investissements, le support papier est une valeur refuge pour ceux qui souhaitent laisser une trace physique chez leur interlocuteur.

Cartes de visites enrichies, supports publicitaires personnalisés, albums photos, objets publicitaires customisés, documents administratifs, le smartphone a le potentiel de réussir là où l'ordinateur est encore à la peine : devenir le pivot entre nos vies numériques et notre utilisation du papier ou d'autres supports physiques.

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