Adobe face à la grogne de ses utilisateurs

Il y a des périodes comme ça, où quand ça veut pas... ça veut pas.
Adobe vient d'annoncer un plan de restructuration majeur, avec une refocalisation sur ses métiers historiques, et une valorisation de ses logiciels destinés aux arts graphiques et à la publication, Creative Suite en tête. Cette mise en avant passant notamment par une offre SaaS via le Creative Cloud.

Mais on dirait qu'Adobe, en voulant bien faire, ait commis une erreur majeure. En témoigne cette fronde de la National Association of Photoshop Professionals qui s'insurge contre la politique de mise à jour qu'Adobe envisage pour la CS 6. En résumé, si j'ai bien tout compris, soit vous disposez d'une version CS5 ou 5.5, auquel cas vous avez accès à un tarif de mise à jour vers la CS6... soit vous devez racheter une licence complète (si je dis des bêtises, n'hésitez pas à me le faire savoir). C'est du jamais-vu...
Il s'agit d'une rupture complète avec des usages très anciens, qui voulaient que l'investissement dans une licence garantisse, même plusieurs années plus tard, des tarifs de mise à jour privilégiés. Il s'agissait à la fois de capitaliser sur une clientèle acquise, de fidéliser, mais aussi de lutter contre le piratage.

Le fait que la fronde vienne des utilisateurs Photoshop est particulièrement importante à mon sens : en effet, aucun autre logiciel d'Adobe ne règne autant en maître que Photoshop. Il s'agit d'ailleurs du logiciel le plus abouti et le plus performant de cet éditeur, et peut-être même de toute la sphère des outils d'arts graphiques.
A trop vouloir regarder l'horizon, on a l'impression que les dirigeants d'Adobe sont en train de perdre de vue leur clientèle "historique", celle des aficionados qui leur garantit un niveau de vente régulier depuis des années.

Je ne suis pas sûr que le Cloud soit la réponse idéale... Tous les photographes, toutes les agences et même tous les freelances avec qui j'ai pu bosser avaient le même comportement. Tous les 4 ou 5 ans, à la faveur d'une bonne année, ils en profitaient pour acheter une nouvelle bécane, et en même temps, faire évoluer leur licence de Photoshop ou de la CS. Cet achat consistant à la fois en un investissement (la valeur de la licence) et une anticipation des temps plus durs : si dans quelques mois ça va moins bien, au moins je disposerai d'un outil de production à jour.

Le cloud repose sur le principe d'un abonnement ; or, dans des métiers difficiles et très fluctuants, l'abonnement représente une charge et non un investissement, un peu à la manière d'un photocopieur... On touche là à une des limites du modèle du cloud, en particulier dans les métiers graphiques.

J'espère que les stratèges d'Adobe vont revenir à plus de sagesse, et qu'ils vont se remettre à être "customer-centric" comme on dit en bon français, tant dans leur politique commerciale que dans leurs logiciels.
D'autres qui l'avait oublié, y ont laissé des plumes par le passé, et ont mis plusieurs années à s'en remettre...

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