jeudi 27 octobre 2011

Les fabricants de presse d'imprimerie se convertissent au web-to-print



Heidelberg, Komoro, Ricoh, Man Roland, Kyocera... les fabricants de presses d'imprimerie ne pouvaient plus ignorer la demande de leurs clients en matière de solutions web-to-print.
Et pour éviter une hémorragie, ils devaient reprendre la main sur les pionniers, Xerox, Océ et HP en tête.
Chacun s'y est mis, développant ses propres solutions ou développant des partenariats avec des leaders du marché. Heidelberg s'est rapproché de Bitstream et de son Pageflex. MGI s'est adossé à PrintFlux, ManRoland a annoncé un partenariat avec l'intégrateur US RedTie. Komori semble lorgner du côté de XMPie.

Fujifilm vient d'entrer dans la danse avec XMF PrintCentre, une plateforme complète... dans le cloud.
XMF PrintCentre est un portail de type "store front", personnalisable aux couleurs de n'importe quel imprimeur, doté d'un back-office d'administration. D'après le constructeur, la solution est adaptée à tous les usages, de l'imprimerie offset au numérique, et de la réalisation de cartes de visite à la production de brochures. Comme chez Heidelberg, Fujifilm a veillé à ce que son module s'intègre parfaitement dans son flux de production XMF Workflow, afin de faciliter le process de production des imprimeurs.

Outre le fait que cette tendance renforce le poids du web-to-print dans le marché de l'imprimé, elle va sensiblement simplifier la vie des imprimeurs qui seraient tentés par ce type de solution, mais qui n'arrivent pas à choisir un prestataire dans le maquis des solutions actuelles. Suivant la marque des presses qu'ils utilisent, il y a fort à parier que leurs interlocuteurs commerciaux habituels auront désormais des réponses à leur donner.

Un avant-goût de la future interface de Gmail ?



Fin septembre, Google a discrètement mis à jour sur son webstore un module d'accès à GMail en mode hors connexion, pour Chrome. Et là, surprise ! Une toute nouvelle interface, très chouette, au look très proche des clients de messagerie type Outlook ou Mail.
Moins "web" et plus "app", si vous voyez ce que je veux dire…

Au début, je me suis dit que c'était juste un module pour Chrome, rien à voir avec GMail.
Sauf que si on regarde l'interface du nouvel iGoogle, on y retrouve le même look dans le module consacré à la messagerie, en lieu et place du bon vieux module en HTML rugueux.
Du coup, je me demande s'il ne s'agirait pas pour Google d'un moyen de tester les réactions des utilisateurs face à une nouvelle UI. D'autant que cette interface semble très adaptée à des terminaux tactiles (gros boutons, look plus travaillé…).

A suivre !

mercredi 26 octobre 2011

Cette semaine, c'est la "Quark Week" !


Cette semaine, Quark vient de faire trois grandes annonces :
  • MacUser a décerné le trophée du "Publishing Product of the Year" à Quark Xpress 9. Les esprits chagrins diront que cela ne veut rien dire... mais je pense qu'au contraire, cela témoigne d'un renouveau de l'éditeur, qui a compris qu'il devait se rapprocher des besoins de ses clients. Et apporter de nouvelles fonctionnalités sans casser les repères auxquels ses clients sont habitués. Cela prouve aussi que, grâce notamment à la publication sur iPad, Quark Xpress prend un peu d'avance sur Indesign. Cliquez ici pour obtenir plus d'informations à ce sujet.
  • Quark dévoile à Las Vegas sa solution de Dynamic Research Reporting en partenariat avec IBM. Cette plateforme combine Quark Publishing System et XML Author avec les solutions d'IBM pour automatiser la création et la diffusion des rapports d'analyse financière, en remplaçant de procédures manuelles. Cliquez ici pour obtenir plus d'informations à ce sujet.
  • Quark vient d'annoncer la v9.1 de son Web-to-print System. A l'origine plateforme de production web-to-print, cette version 9.1 ressemble de plus en plus à un environnement de Brand Management, puisqu'il permet de centraliser les ressources marketing d'une marque, de permettre la production de supports papier et numériques (web entre autres) à partir de modèles mais aussi la gestion des commandes via un storefront, la production de supports marketing à données variables ou la déclinaison automatique multi-support via troismodules optionnels. Les cibles de ce produit sont multiples, de l'annonceur à l'imprimeur, en passant par l'agence de communication. Cliquez ici pour obtenir plus d'informations à ce sujet.
  • Quark vient de signer un partenariat avec l'intégrateur Oberon qui sera en charge de l'intégration des solutions Web-To-Print System chez les clients US. Cliquez ici pour obtenir plus d'informations à ce sujet.

Ceux que le rachat de Quark par un fonds d'investissement inquiétaient doivent être rassurés désormais. La marque semble continuer son plan d'innovation.

Je me suis fait une réflexion l'autre jour au sujet de Quark. Cette entreprise me fait penser à la marque Land Rover, qui s'est construit autour d'un produit unique et certes un peu rugueux, mais qui a conquis un large cercle d'aficionados. Pendant quelques années, la marque s'est endormie sur ses lauriers, manquant d'innovation et perdant des clients par centaines. Au point de se faire racheter à plusieurs reprises. Et puis elle a retrouvé il y a quelques années un second souffle. Elle a valorisé ce qui faisait sa signature et sa spécificité, tout en remettant ses produits au goût du jour. Elle a ainsi lancé une nouvelle gamme totalement en phase avec les attentes du marché, et aujourd'hui, elle se permet même de distancier ses concurrents avec un produit aussi innovant que l'Evoque.
Quark me fait ainsi penser à Land Rover. A la base, un produit rugueux, voire capricieux, mais qui a quelque chose d'intemporel, car il sait perdurer dans le temps, et conserver ses repères. Et désormais, un produit qui évolue, qui se modernise et qui démultiplie ses capacités...

Mobile-to-print : la future tendance lourde du marché



Je l'évoquais au mois de Septembre, à l'occasion de l'annonce de Pageflex, le mobile-to-print pointe son nez à la faveur de l'engouement pour les smartphones.
Ce qu'ils faisaient auparavant sur leur PC, les consommateurs veulent pouvoir le retrouver sur leur smartphone, avec plus de souplesse et d'instantanéité, et moins de contraintes. Il n'y avait pas de raison que le web-to-print y échappe.
Pageflex a donné le top départ du concept avec PagePop.
Richard Romano vient d'attirer notre attention sur Simply Postcard, la première app qui soit du mobile-to-print.

Le principe est désarmant de simplicité :

  1. vous prenez une photo sur votre iPhone
  2. vous recadrez la photo pour l'adapter à un modèle de carte postale
  3. vous ajoutez un texte au dos
  4. vous choisissez jusqu'à huit contacts
  5. zou... votre carte postale (IRL) est imprimée en vrai et envoyée par courrier postal aux destinataire
Et bien sûr, il y a l'étape où vous payez via votre mobile.

C'est génial. Au web-to-print s'ajoute désormais l'instantanéité... et son corollaire, l'achat d'impulsion.
Deux leviers qui peuvent démultiplier le potentiel du web-to-print dans les années à venir.


mardi 25 octobre 2011

Web 2.0, radios libres… même combat !



Le web me fait penser à la radio. J'ai l'impression qu'ils suivent la même évolution, à trente ans d'écart.
Le web 2.0 a été une formidable avancée, comme les radios libres ont pu l'être en 1981. Tout le monde a pu s'exprimer, chacun a pu livrer ses pensées, donner son opinion, faire part de ses goûts…

Tout le monde s'est retrouvé sur un pied d'égalité. Mais avec un nivellement par le bas… et une cacophonie terrible aujourd'hui. Au point que le cerveau de l'internaute moyen est en surchauffe.

Le web est autant saturé que la bande FM l'était en 1985. Ça grésille, on n'entend plus rien, ça larsen de partout. L'internaute lambda n'arrive plus à suivre, il est bombardé d'informations, il est asphyxié par le temps réel, il ne peut plus reprendre sa respiration.

Et puis il se rend compte que, finalement, l'avis de ses semblables l'intéresse de moins en moins. D'autant qu'il est de plus en plus sujet à caution et source de suspicion, en particulier dans le commerce électronique.

En 1981, la libre antenne fut une formidable bouffée d'oxygène pour les médias… mais à trop en user, les radios ont fini par lasser leurs auditeurs.

J'ai le sentiment aujourd'hui que nous en sommes au même stade… L'information arrive de tous côtés, en temps réel, sans hiérarchie. L'avis d'un sombre inconnu aurait potentiellement le même poids que celui d'un expert reconnu… surtout s'il a plus de followers. Le "User Generated Content" atteint ses limites… tout le monde en convient.

Je crois que le temps est venu où les internautes recherchent de l'efficacité et de la synthèse, pour que l'information soit une source d'enrichissement et non plus de perte de temps…
A l'heure de l'infobésité, je pense que de plus en plus d'internautes sont prêts à payer d'une façon ou d'une autre pour disposer d'une information “expertisée”, quel qu'en soit le domaine.

Cela ne mettra pas un terme aux réseaux sociaux ni à la liberté d'expression des utilisateurs. Non, mais cela va la structurer, réservant la libre antenne à certains contextes ou certains usages bien précis, où elle sera valorisée. Et probablement mieux contrôlée, c'est un corollaire inévitable.

Si vous regardez en arrière, c'est exactement ce qui s'est passé dans la radio.
Des premières radios libres – voire clandestines – sont nés de véritables poids lourds des médias, côtés en Bourse, qui tout en conservant leur liberté de ton et leur capacité à laisser les auditeurs s'exprimer, ont introduit du commercial et de l'information plus traditionnelle.

“L'internaute-acteur” tel que nous l'avons connu ces dernières années est une espèce en voie de disparition, j'en suis sûr… Soit il va se lasser de donner son avis, et il va redevenir un “internaute-mateur”, à la recherche d'une information labellisée… soit il va continuer à s'exprimer, mais il y a fort à parier qu'il va alors devenir un semi-professionnel, voire un professionnel dans son domaine. Reconnu pour son expertise ou son savoir-faire, ou apprécié pour son coup de plume. Enfin de clavier.

Bref.
La récré va se terminer. Je vous parie que ce joyeux bordel va se réguler et s'industrialiser dans les prochaines années. Comme ce fut le cas pour les radios libres…
Ce ne sera pas forcément mieux, ça sera différent.

P.S. : petite pensée émue pour une radio libre qui a accompagné mon adolescence, Radio Alligator à Montpellier. Dont la fréquence fut reprise par Rires & Chansons dans les années 90, ça ne s'invente pas ;-)

Nouveau look… pour tester les nouvelles features de Blogger

Je sais. J'ai ENCORE changé le look de mon blog. Mais que voulez-vous, ce n'est point de ma faute. Mais c'est Blogger qui fait rien qu'à ajouter de nouvelles fonctionnalités.
Donc forcément, faut que je teste.

Là, l'équipe de Blogger a introduit les modèles dynamiques, qui permettent de modifier la mise en page à la volée. Et à l'utilisateur, de choisir son thème préféré via un menu spécial.

J'aime bien, franchement. L'interface de personnalisation est sympa, on peut pousser la customisation assez loin. Et surtout, il me semble que ça rapproche Blogger de Tumblr : on peut désormais utiliser la plateforme de blog de Google pour autrechose… que du simple blog. Galerie photo, lecture “magazine”, timeline…

Alors, chères lectrices et chers lecteurs, quel est votre avis sur cette nouvelle interface ? Appréciez-vous ces fonctions dynamiques ? Ou autre contraire, est-ce que ça vous perturbe ?

Si vous voulez en savoir plus, voici une vidéo de démonstration du concept. Attention, baissez le son, la musique d'accompagnement est assez redoutable.


lundi 24 octobre 2011

Web-to-print : Silicon Publishing se met au HTML 5 + SVG + Webkit

"Du Flash partout où s'est possible. Pour tout le reste, du HTML 5". Cette citation est extraite du blog de Silicon Publishing, un éditeur de solutions web-to-print basées entre autres sur Adobe Scene 7, et dont je vous ai parlé à de nombreuses reprises, notamment au sujet de ses travaux sur le format FXG.
Et bien lors de la 9th Annual SVG Open Conference, Silicon Publishing a annoncé qu'à la mi-2012, elle dévoilerait une version en HTML 5 de son éditeur Silicon Designer, avec une technologie exploitant toutes les richesses du WebKit et du format SVG. L'idée n'est pas de remplacer dans l'immédiat son appli Flex par celle en HTML 5, mais on sent bien qu'à terme, c'est ce format qui va naturellement s'imposer. Cela prouve également que les éditeurs entament leur mutation, en anticipant les évolutions des futures générations de navigateurs et en mettant au point des webapps avec "zéro plugin".

Il est peut-être encore trop tôt pour généraliser, mais les annonces récentes des éditeurs de solutions web-to-print permettent de dégager une tendance lourde pour les années à venir, vers laquelle beaucoup semblent converger :

  • WebKit
  • HTML 5
  • Format SVG
Le FXG par contre ne semble pas attirer plus que ça les foules, malgré son formidable potentiel.
Un autre enseignement intéressant, c'est que la "légereté" du SVG permettrait de s'affranchir des moteurs de composition lourds tels que Indesign Server, au profit de solutions beaucoup plus légères, et moins onéreuses. Enfin du moins pour des applis web-to-print basiques.
Bref, on dirait bien que le web-to-print termine une adolescence tumultueuse pour atteindre l'âge de raison...

vendredi 21 octobre 2011

Web-to-print : un éditeur allemand met au point un éditeur combinant HTML5 et SVG


Kinetics est un éditeur allemand de solutions de publication en ligne, notamment destinées au web-to-print. A l'occasion du salon +Druck, il vient de présenter son tout nouvel éditeur iBright Web2Print, qui présente cette originalité de n'être pas développé... en Flash (c'est Antoine Gaillard qui va être content).

C'est suffisamment rare pour être souligné, car beaucoup d'éditeurs de module d'édition en ligne destinés à enrichir des systèmes existants se cantonnent encore aux technos Flex, comme Chili Publisher par exemple.

Mon allemand étant loin d'être parfait, je vais essayer de retranscrire le processus décrit dans l'article original sans dire trop de bêtises. Visiblement, le pivot d'import n'est pas Indesign mais plutôt Illustrator, qui permet de convertir des mises en page de toutes sortes en SVG,  que l'éditeur iBright va pouvoir ensuite ouvrir en ligne. Les internautes pouvant ensuite, depuis leur navigateur, intervenir sur les objets de la mise en page, pour modifier leur emplacement, leur taille, changer les polices...
L'intérêt est double : certes, s'affranchir de Flex. Mais surtout, s'ouvrir à de nouveaux horizons, les tablettes et les smartphones étant la cible principale de ce nouvel éditeur.
Encore une preuve que le web-to-print amorce une lente mutation vers de nouveaux usages et de nouveaux terminaux...
Un beau démonstrateur quoi qu'il en soit, très... wunderbar !



jeudi 20 octobre 2011

Web-to-print : Jennifer Matt nous explique les 10 erreurs à éviter



A l'occasion d'un workshop de Xerox, Jennifer Matt a présenté ce qu'elle considère comme étant les 10 erreurs les plus courantes sur les projets web-to-print.

  1. Absence de stratégie et de business plan
  2. Focus sur un unique client, au risque que ce soit lui qui pilote les développements
  3. Volonté de construire la solution soi-même
  4. Manque de ressources internes et par conséquent, de maîtrise technique du produit
  5. Focalisation sur la production, au détriment de l'expérience utilisateur et de l'usabilité
  6. Blocage sur des détails, au détriment du besoin de vendre
  7. Trop grande anticipation de la technologie
  8. Manque de maîtrise et d'appropriation de la plateforme
  9. Trop grande focalisation sur la techno
  10. Manque d'implication des forces de vente, qui prennent le web-to-print comme un concurrent
En conséquence de quoi, on pourrait en tirer 10 commandements :
  1. Focalisez-vous sur la stratégie et non la technologie
  2. Construisez un modèle générique, adapté au plus grand nombre de clients
  3. Ne vous laissez pas dicter la marche à suivre par un unique client ; mais sachez écouter et entendre les retours du plus grand nombre
  4. Rédigez un cahier des charges qui traduise votre business plan en besoins techniques
  5. Etudiez le marché, et choisissez la solution la mieux adaptée à vos besoins, et la plus viable dans le temps
  6. Faites monter en compétence vos salariés, de façon à ce qu'ils s'approprient totalement la solution
  7. Impliquez vos vendeurs pour qu'ils soient moteurs, quitte à les commissionner sur les ventes de web-to-print
  8. Focalisez-vous sur l'usabilité, la simplicité et l'expérience utilisateur
  9. Soyez compatibles avec le plus grand nombre, quitte à faire l'impasse sur des fonctionnalités top-moumoute
  10. Concentrez-vous sur les ventes et le modèle commercial.
Et puis, testez, testez, testez... et peaufinez votre solution par petites touches.

L'intégralité du post relatant l'intervention de Jennifer Matt est disponible à cette adresse :

lundi 17 octobre 2011

Cocorico ! PageOnDemand signe son premier contrat aux Etats-Unis

C'est toujours une bonne nouvelle lorsqu'un éditeur français réussit à s'exporter. PageOnDemand vient ainsi d'annoncer son premier contrat américain avec l'agence Ivie Marketing, au Texas. Un premier contrat qui permet à PageOnDemand.com US de prendre son envol sur le marché américain.

Le premier client à bénéficier de la technologie de PageOnDemand sera BI-LO, une société spécialisée dans la distribution alimentaire, et qui produit environ 250 catalogues par an.

Plus d'info sur http://us.pageondemand.com/news-events/ et sur http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150362625814643

jeudi 13 octobre 2011

Le web-to-print n'est-il qu'un produit de la crise ?

bonne crise
(Photo gildas_f)

Depuis une dizaine d'années que je m'intéresse au sujet, j'ai toujours pensé que le web-to-print était l'enfant naturel du web... et des métiers du marketing. Un passage obligé en somme, un chemin tracé par les nouveaux comportements induits par Internet.
Il m'a toujours semblé que les clients finaux étaient en recherche d'automatisation, de personnalisation, de "do-it yourself"... parce que c'était une tendance naturelle du marché et qu'ils étaient en demande.
Pas forcément un progrès, mais une évolution.

Aujourd'hui, avec du recul, je m'interroge. Je me demande si finalement, à l'instar des compagnies aériennes low-cost, le web-to-print n'est pas juste l'enfant de la crise.
Apparu juste après l'éclatement de la bulle Internet, le web-to-print est tombé à point nommé au moment où toutes les entreprises réduisaient drastiquement leurs budgets marketing.
Et étaient contraintes de se débrouiller toutes seules ; alors plutôt que de faire "moche" avec les moyens du bord, autant faire "beau" à peu de frais avec des solutions en ligne. Tout en regrettant l'époque où on avait sous la main un petit graphiste qui se démenait pour faire exactement ce qu'on lui demandait, dans les meilleurs délais et avec le sourire siouplé.

Entendons-nous bien, je n'oppose pas un modèle à un autre. Je ne mets pas face-à-face un exé et un serveur web. Je m'interroge juste pour savoir si finalement, le web-to-print répond à une volonté explicite des clients, ou à une solution qu'ils ne feraient que subir, compte-tenu du contexte ? Si on leur laissait vraiment le choix, les clients ou plutôt les usagers, que privilègiraient-ils : l'homme ou la machine ?

Certes, cette interrogation concerne plus la clientèle B2B que les applications grand public, car ces dernières touchent une clientèle qui n'a jamais et ne fera jamais appel à un graphiste, tant ses besoins sont ponctuels.

Mais justement, parmi mes anciens clients B2B du temps où je bossais en agence, il y en a quelques-uns qui restent des acharnés du "je-le-fais-moi-même". Mais la grande majorité, en particulier dans des entreprises assez importantes, sont revenus vers leurs graphistes et leurs agences dès qu'ils ont réobtenu les budgets ; car finalement, le "do-it-yourself" venait en surcharge de leurs autres missions, et les saturait complètement. A la complexité de devoir gérer seul la production d'un support de communication, ils préfèrent en grande majorité le confort et le luxe de déléguer cela à un professionnel aguerri.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, je pense que le web-to-print est l'enfant de la Crise.
Bon, vu le contexte actuel, vous me direz qu'il a un bel avenir devant lui... c'est probable.

Mais à la froideur d'une webapp, les clients ne risquent-ils de revenir dès qu'ils le pourront vers le service sur-mesure et le relationnel que propose une agence ou un freelance ?

Pour éviter un "switch-back", il faut donc que le web-to-print évolue, qu'il se réinvente et qu'il réponde aux nouveaux enjeux du marketing : multicanal, automatisation, déclinaisons... bref, qu'il prouve qu'il fait vraiment gagner du temps aux services marketing.

Quoi qu'il en soit, comme pour le papier, je suis de plus en plus convaincu que les graphistes ont un véritable avenir et qu'ils ont mangé leur pain noir. Les services web proposent du prêt à porter ; il faut donc que les professionnels des arts graphiques se réveillent et offrent du vrai sur-mesure, vendu au prix juste, avec une relation privilégiée et beaucoup de créativité. C'est ainsi qu'ils sauveront leur métier.

Et que tout le monde cohabitera en bonne intelligence.

Et vous, quelle est votre opinion sur le sujet ?

mercredi 12 octobre 2011

PrintLi : un éditeur web-to-print tout simple, en devenir

Voici un petit outil qui pourrait rendre bien des services à des imprimeurs en quêtes de fonctionnalités web-to-print simples. Voire simplissimes, mais après tout, il y a un marché pour cela.
Pour l'instant, PrintLi en est encore au stade de la version Beta.
Il s'agit d'un simple éditeur en Flash qui permet d'éditer du texte, d'en ajouter, de faire tourner des blocs, d'ajouter une image, de changer les couleurs du texte...
Vous pouvez également gérer l'ordre des objets, changer les polices...
Bref, c'est tout simple, mais assez sympa et plutôt intuitif.



On retrouve des principes présentés dans d'autres solutions, mais en plus simple, et plus adapté à celles et ceux qui ont un besoin web-to-print basique ; pour permettre la personnalisation de cartes de visite, de cartes de voeux ou autres documents monopages.

D'autant que Printli intègre un backoffice simplissime pour la gestion des commandes, ce qui est bien pratique.

Côté prix, durant la phase Beta, l'offre est en "open-bar" (illimité). A terme, tout le monde pourra créer gratuitement un compte, et gérer sans frais jusqu'à 20 commandes par mois. Au-delà, il faudra passer en offre payante, annoncée à 23 $ par mois, ce qui est vraiment très attractif au regard du marché.

Si vous voulez jouer avec, je vous invite à vous inscrire au programme de beta sur le site. Vous trouverez également sur Linkedin une discussion à ce sujet.

Pour ceux qui sont curieux, un screencast du produit est disponible à cette adresse : http://screencast.com/t/Bg9fdvcsfRR

Aquafadas prépare la compatibilité avec l’iBook d'Apple


Décidément, Aquafadas aime les tablettes et les eBooks.L'éditeur montpelliérain prépare ainsi une mise à jour de son plugin Indesign afin de faciliter la génération de livres au format ePub3, sans connaissance technique particulière. Connaissant la capacité d'Aquafadas à développer des applis simples d'usage, mais extrêmement performantes, gageons que cette évolution va intéresser bon nombre d'éditeurs, de freelances et d'agences.

Ce plugin sera présenté jusqu'au 16 octobre lors de l'IFRA, puis ensuite lors du salon du livre de Francfort.

Plus d'infos sur la newsletter Aquafadas.

vendredi 7 octobre 2011

Désemparées face aux réseaux sociaux, les directions marketing doivent se réinventer, pour se réapproprier leur marque

Durant cinq décennies, les directions marketing ont matraqué les ménagères de moins de 50 ans en utilisant tout l'arsenal dont elles disposaient. Et il s'agissait plutôt de gros calibres.
Puis un jour, la ménagère de moins de 50 ans s'est mise à parler, à donner son avis, à critiquer. Et là tout l'édifice s'est écroulé. Les canons des communicants sont devenus muets face à cette petite ménagère à grande gueule.

Longtemps dédaignés par les pros du marketing, qui les considéraient à tort comme des médias de second plan, les réseaux sociaux ont totalement modifié la donne. D'une relation mono-directionnelle, nous voici aujourd'hui arrivé à une relation multidirectionnelle, où l'information n'est plus distillée uniquement par le propriétaire de la marque, mais où chaque utilisateur a son mot à dire sur "sa" marque.

La marque : c'est bien là tout l'enjeu. Je compare cette situation à une guerre de flibustiers.
Avant, dans les temps anciens, la marque était un bon gros gallion que les rois d'Espagne envoyaient à travers l'océan découvrir de nouvelles contrées et ramener autant de richesses que possible.
Les menaces se résumaient essentiellement à quelques tempêtes tropicales, ou à un risque d'abordage hostile par l'équipage d'un autre gros gallion. Autant dire peu de choses, parfaitement étudiées et préparées par les officiers.

Et puis le jour où la tribu des ménagères de moins de 50 ans s'est mise en tête de donner son avis, des nuées de pirates sont spontanément apparues dans tous les recoins de l'océan. Les escarmouches se sont multipliées, et les rois d'Espagne ont commencé à perdre le contrôle de leurs gros gallions, et à voir leurs routes maritimes se transformer en dangereux coupe-gorges. Sans compter qu'au milieu des pirates se cachaient quelques corsaires à la solde de l'ennemi...

Qu'on fait les rois d'Espagne ? Piqués au vif par la perte de leurs précieuses marques, ils ont décidé de sortir l'artillerie lourde, en armant chaque gallion de centaines de canons. Sauf que cela n'a servi à rien : que peuvent des canons face à des nuées d'embarcations rapides qui donnent l'assaut simultanément ?

Bon j'arrête avec mes histoires de pirates. Mais l'idée est là.

Récemment, une marque de restauration rapide a été attaquée sur YouTube par des vidéos montrant des conditions d'hygiène douteuse dans certains de ses restaurants. Quelle a été sa réaction face au "buzz" ? Une campagne de spots TV avec des témoignages de salariés qui expliquent les règles drastiques auxquels ils sont soumis. Témoignages dont on sait, par le format, qu'ils sont mis en scène. La marque a donc réagi "à l'ancienne", en déplaçant le champ de bataille vers un terrain qu'elle maîtrisait mieux, mais en commettant deux erreurs stratégiques : répondre à du "vrai" par de la mise en scène, donc potentiellement du "fake", et surtout, abandonner le terrain des réseaux sociaux aux internautes.

Cet abandon n'est pourtant pas une fatalité.
Face à des menaces diffuses, qui portent sur tous les aspects de la marque, qu'ils soient sociaux, environnementaux, technologiques ou commerciaux, une réponse globale s'impose.
Les directions marketing sont encore trop fragmentées et cloisonnées par business units ou par sous-marque. Elles doivent aujourd'hui entamer une restructuration profonde et se rapprocher des directions générales pour pouvoir intervenir sur toutes les facettes de la marque.
Et surtout, sur l'ensemble des terrains sur lesquels elle est présente.

Pour reprendre mon imagerie guerrière, ce qui manque aujourd'hui, c'est un véritable état-major intégré, en lieu et place de commandements isolés.

Pour y arriver, que faut-il mettre en place ?
Personnellement, je vois deux chantiers que les directions marketing devraient mettre en oeuvre sans tarder.

  1. entamer une révolution culturelle, en revoyant intégralement leurs modes de fonctionnement et leur organisation sur la base des principes de la CMI
  2. intégrer des outils métiers qui vont les aider à reprendre la maîtrise de leur marque, en démultipliant leur puissance de feu : les financiers ont leur ERP, les commerciaux leur CRM, mais les communicants n'ont pas d'outil dédié à leur métier. Cela est en train de changer, grâce notamment aux solutions de Marketing Asset Management et de Brand Management. Des systèmes performants et intégrés, qui facilitent l'automatisation des processes de production et qui offrent une réactivité accrue grâce à une centralisation des contenus, une collaboration facilitée et un contrôle plus facile de l'utilisation de la marque à tous les échelons.
Certaines directions marketing ont choisi une troisième voie, celle de la délégation. Par facilité, et par souci d'immédiateté, elles ont décidé de sous-traiter la gestion de la marque sur les réseaux sociaux à des entreprises spécialisées. Il s'agit d'une erreur stratégique à mon avis, car en procédant de la sorte, elles n'acquièrent aucun savoir-faire dans ce domaine, et elles continuent de considérer ces espaces comme des médias secondaires.

Quand j'étais à la fac, on ne jurait que par le "média / hors média". C'était le grand truc, sachant que le "média" constituait le Graal de tout étudiant en marketing.
Aujourd'hui, ces cloisonnements ont volé en éclat. Il n'y a pas de canaux nobles ni de sous-canaux. L'environnement dans lequel évolue la marque est un Tout, constitué de myriades d'entités interconnectées.

Pour conclure, je vais en revenir à mes pirates. Plutôt que d'armer lourdement vos gallions, au risque de ralentir leur progression, mettez sur pieds sur armada de commandos légers, dont la mission va consister à prendre le contrôle simultanément de tous les repères de pirates. Une fois que cela sera fait, vos gallions pourront avancer en toute sécurité, les commandos leur ayant ouvert la voie. Et de surcroît, vos disposerez d'avant-postes avec des vigies chargées de scruter l'horizon en permanence...

Bon allez, je file, je vais remettre mon tricorne...

PS : je vous invite à lire cet excellent article de e-marketing "Les directeurs marketing anticipent une mutation radicale de leur métier"

jeudi 6 octobre 2011

Enfocus : pilotez votre switch du bout des doigts

La gamme Switch d'Enfocus continue son bonhomme de chemin : d'un "simple" automate de production, Switch est devenu une véritable communauté  d'intégrateurs qui permet de construire des flux automatisés pour répondre avec une très grande souplesse à toutes les contraintes de production des industries graphiques.
Et bien désormais, il sera possible de piloter son Switch du bout des doigts grâce à l'app pour iPad qu'Enfocus vient de dévoiler.


Un moyen très sympa :

  1. de justifier l'achat d'un iPad
  2. de suivre ses process de production
  3. d'enrichir les jobtickets
  4. de prendre des décisions en temps-réel
  5. de justifier l'achat d'un iPad.
Les tablettes risquent fort d'envahir les imprimeries...

Tests multi-navigateurs avec BrowserStack

Tester ses webapps sous plusieurs navigateurs n'est pas une sinécure ; chacun y va de sa technique, il y a ceux qui collectionnent les vieux PC, ceux qui font appel à tous leurs potes, et ceux qui essayent d'automatiser un peu les processes.
Depuis peu, les agents utilisateurs de Safari ou Firefox permettent de simuler le rendu dans tel ou tel navigateur ; c'est déjà un bon début.
BrowserStack propose (en beta) de visualiser le rendu de votre site sous plusieurs navigateurs.
C'est assez surprenant, car j'ai l'impression qu'il s'agit carrément d'une VMware avec du partage d'écran vers un serveur sur lequel sont préinstallés plusieurs navigateurs différents. Les performances laissent à le penser en tout cas.



C'est un peu comme utiliser un marteau pour écraser une mouche,  mais c'est très efficace, il faut bien le reconnaître. Un tableau de bord à gauche de l'écran permet de paramétrer son environnement de test, et dans la partie centrale de l'écran, on visualise le rendu sur lequel on peut interagir avec un léger décalage causé par la prise de contrôle à distance.

Un concept assez original, mais qui conviendra à ceux qui passent leurs journées à vérifier le rendu de leurs pages sous tel ou tel environnement. Côté prix, à 19$ par mois, l'offre reste intéressante, à condition d'en faire un usage intensif. Pour les autres, un bon vieux PC ou un Safari avec des user agents feront bien l'affaire.

Brwoserstack étant encore en beta privée, vous pouvez vous inscrire ici pour en profiter.

mercredi 5 octobre 2011

Le papier a de l'avenir parce qu'il a un passé

Je reviens sur mon post d'hier au sujet des prédictions sur la mort annoncée de la presse papier, totalement phagocytée par les terminaux numériques.

Je n'y crois pas. Et ce débat qui oppose papier au numérique me lasse au plus haut point.

Les analystes de tous poils ne semblent pas comprendre que chaque support répond à un besoin et à une clientèle précis. Et à un environnement aussi.

Il y a 10 ans, on nous prédisait l'avènement du zéro papier. Puis avec l'arrivée des eBooks, la fin du livre, so has-been. Au bout d'un an, les analystes ont finalement constaté que l'eBook ne décollait pas tant que ça, et que le papier faisait de la résistance. Peut-être parce que la notion de DRM ne s'y applique pas.
Et puis badaboum, Sir Steve dévoile son iPad, et là, tous ces analystes nous disent que forcément, l'avenir, c'est ça. Quel talent !

Mouais.
Je vais essayer d'être factuel, et de faire mes prédictions pour 2017 moi aussi.
En 2017, ce dont je suis sûr, c'est que :

  1. le numérique sera présent partout dans notre environnement, encore plus qu'aujourd'hui : maison, bureau, voiture, accessoires, jouets... Et donc, il se sera totalement banalisé, au point de ne plus faire rêver personne
  2. l'énergie sera un enjeu majeur, avec des risques de rupture d'approvisionnement liés soit à des pics de consommation, soit à des difficultés de production. Donc notre appétit insatiable de petits objets énergivores sera confronté à un manque de matière première.
  3. le recyclage sera sans nul doute encore plus valorisé qu'aujourd'hui, avec probablement des systèmes de taxes pénalisant les supports trop gourmands en énergie ou à l'obsolescence trop rapide.
  4. les entreprises auront toujours autant besoin de communiquer pour promouvoir leurs produits, et à cette fin, elles éprouveront toujours la nécessité de se différencier
Voilà pourquoi je suis convaincu que le papier a de l'avenir. Il a une histoire, et une véritable noblesse que 3 décennies de publicité de masse ont galvaudé.



Dans 5 ou 6 ans, lorsqu'il sera devenu banal de lire des actualités sur un écran, lorsqu'il sera convenu qu'il faut proposer un catalogue sur une tablette, lorsque nous serons gavés jusqu'à l'écoeurement de bannières clignotantes et d'animations criardes, vous pouvez être certain que le papier redeviendra à la mode, car il s'agira d'un moyen évident de se différencier. Et par le haut : le papier sera alors synonyme de luxe, de classe et de distinction.
A force de se goinfrer de pixels, les lecteurs retrouveront le plaisir de toucher du papier, et l'objet livre ou l'objet magazine témoigneront du souci de l'éditeur pour sa clientèle.

Vous ne me croyez pas ? Regardez la situation actuelle : nous sommes déjà saturés de newsletters, de blogs d'entreprise, de tweets, de SMS... Les entreprises n'ont jamais autant communiqué auprès de leurs clients. Pourtant, la société qui oserait aujourd'hui éditer un magazine papier à destination de ses clients disposerait à coup sûr d'un différenciateur important, qui valoriserait de façon très importante son image de marque. Pourquoi ? Parce que le support papier pose l'information, donne du recul, casse l'immédiateté et marque une rupture avec l'infobésité des canaux numériques. Et finalement, c'est reposant.

Le papier est noble, ne l'oubliez jamais. Certes, aujourd'hui, ces ors sont un peu ternis face au silicium. Mais la noblesse coule dans ses fibres, au point qu'il devient un havre de paix dans des mondes virtuels trop agités.

Et puis si l'on considère les facteurs énergétiques, je vous parie que lorsque nos sociétés seront confrontées à de véritables crises énergétiques, on redécouvrira les vertus simples d'un support passe-partout, renouvelable, échangeable et totalement passif. Un support qui peut fonctionner à la simple lueur d'une bougie.

Alors, s'il vous plaît, messieurs les analystes, arrêtez de nous fatiguer avec vos faux débats.
Chaque canal a sa place, chaque support a son usage. Les iPad comme les smartphone sont des outils formidables, nous sommes tous d'accord. Mais tout le monde n'a ni les moyens ni l'envie de les acheter. Et à eux seuls, ils ne sauveront ni n'achèveront la presse écrite.


P.S. : personnellement, il y a quelque chose que j'adore dans le print, et que les tenants du tout-numérique abhorrent, c'est l'absence de tout "analytics". Et oui, pas de code, pas de cookie, pas de traceur possibles dans une feuille de papier. C'est votre talent et votre imagination qui doivent faire tout le boulot pour attirer le chaland. Et ça j'aime bien.

mardi 4 octobre 2011

Disparition de la presse papier : un faux débat

Depuis une semaine, le web se fait l'écho d'une interview parue dans la Tribune de Genève : Francis Gurry, de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, nous explique que dans 5 ans, les journaux papier auront disparu aux Etats-Unis, et que ce phénomène aura atteint le reste du monde en 2040. Il y a des études qui le prouvent.

Je vais faire mon djeun's, mais ce genre de débat, ça me saôule. GRAVE.
Je ne dis pas que le numérique est mieux ou moins bien que le papier. Je ne nie pas à quel point les tablettes chamboulent nos habitudes de lecture. Je ne défend pas un canal au détriment d'un autre.
Tout ce que je pense, c'est que ce genre d'étude occulte un point essentiel : ce n'est ni le marché, ni les éditeurs de presse qui dicteront aux lecteurs leurs habitudes.
S'il y a un public adepte des tablettes, il y en a un autre, probablement plus important, qui reste et restera fidèle pour longtemps au bon vieux papier. Soit par imperméabilité aux nouvelles technologies (je pense à certains de nos seniors), soit par facilité (le papier est quand même très simple d'usage), soit par considération énergétique (un support papier n'a besoin d'aucune source d'énergie pour être lu), soit par amour du papier et de l'encre : il y en a, et j'en fais partie, qui même s'ils sont geeks n'en sont pas moins des aficionados du papier. J'adore mes vieux bouquins, j'aime l'imprimerie, et si les tablettes me semblent intéressants, elles n'en restent pas moins des supports "froids" (numérique et synthétique), contrairement au papier que je qualifie de "support chaud" (organique).

Bref : c'est bien joli toutes ces études qui nous expliquent comment nous devons nous comporter. Mais il serait bien de ne pas perdre de vue les attentes du lectorat...

Adobe Max 2011 : changement de cap, objectif : TABLETTE !


L'Adobe Max a démarré hier, et les annonces fracassantes n'ont pas tardé à tomber, à la manière des keynotes de Steve Jobs. Et si Adobe a semblé s'être légèrement fait distancée ces derniers temps sur la thématique des tablettes, notamment en raison de Flash, il faut reconnaître qu'un sacré repositionnement est en cours, du moins dans la division consacrée aux outils de publication.

  • Annonce du Creative Cloud pour Android et iOS : espace virtuel qui donnera accès à un ensemble d'applications "arts graphiques" pour tablettes, ainsi qu'à une zone de stockage de 20 Go, moyennant un abonnement mensuel. Ideas, Carousel, Kuler ou Proto (déjà vus sur les Labs) et surtout, Photoshop Touch (version de Photoshop optimisée pour un usage tactile) feraient ainsi partie de cet espace en ligne, annoncé pour novembre 2012. Plus d'infos à ce sujet sur ce blog ou sur le site dédié.
  • Rachat de Typekit, librairie de typos CSS3 en ligne, indispensable pour permettre de réaliser des mises en page soignées sur des tablettes ; il se pourrait d'ailleurs que TypeKit soit intégré à Creative Cloud
  • Rachat de Nitobi, éditeur du framework open-source Phonegap qui permet de réaliser des applications multi-plateformes iOS, Android ou Blackberry
  • Lancement d'une Single Edition de la Digital Publishing Suite, à un prix unique de 395 $ : il s'agit d'une réponse simple et efficace aux "usines à gaz" auxquels sont confrontés actuellement les graphistes indés ou les petites agences qui souhaitent réaliser du "one-shot" sur iPad : "The Single Edition offering truly democratizes publishing – it allows customers to publish a single, custom iPad app for a one-time payment of US$395".
  • Intégration de la recherche dans la banque d'images Fotolia directement à la CS via un plugin développé par Silicon Publishing
  • Enfin, en termes de solutions dédiées aux grands comptes (essentiellement presse écrite et magazine), Adobe a annoncé un partenariat stratégique avec Woodwing. Woodwing ayant rapidement conquis une large part de marché sur les publications tablettes de la presse écrite dans le monde, il semblait en effet hasardeux de tenter de le concurrencer de front. Les deux compagnies ont donc choisi d'unir leurs forces plutôt que de s'opposer pour dominer ce marché ; reste à savoir si Woodwing abandonnera au passage son format OFIP ?

Adobe se remet ainsi sur les rangs, et affronte désormais de manière franche tous ses concurrents potentiels sur le marché des tablettes :
  • Apple et Google au niveau du cloud
  • Apple et un certain nombre d'éditeurs indépendants pour ce qui est des apps destinées aux pros des arts graphiques
  • Quark au niveau de la publication de contenus sur tablettes, tant en desktop qu'en systèmes éditoriaux
Cette volonté de conforter un eco-système et de ne pas laisser le champ libre aux concurrents sur un marché aussi crucial que la tablette me ravit ; Adobe renoue avec l'inventivité et la créativité, et c'est tant mieux.

lundi 3 octobre 2011

Audience : on frise les 400 !

Ce week-end, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que mon blog frisait maintenant les 400 lecteurs/trices par jour, en cumulant visiteurs web et abonnés au flux RSS.
Je suis très content, et je voulais juste vous dire "Merci" du fond du coeur.
A++

OpenPublish : la plateforme éditoriale libre basée sur Drupal



Les initiatives pour mettre au point des solutions web-to-print libres open-source se multiplient ; j'évoquais récemment une plateforme qui combinait avantageusement WordPress et Google Docs.
Voici OpenPublish, de Phase2, un service basé sur Drupal et destiné à réduire le fossé entre éditions print et web, très orienté journaux et magazines.
Il agit comme une mini salle de rédaction virtuelle, en facilitant le travail collaboratif et l'alimentation de plusieurs canaux de publication. OpenPublish gère la gestion de contenu, of course, l'asset management, mais aussi les abonnements et les programmes de fidélisation, le SEO et la monétisation des pages.

Il ne s'agit pas d'une initiative de geeks qui ont bidouillé Drupal afin de réaliser leur fanzine.
OpenPublish a été mis au point en collaboration avec Thomson Reuters, et il équipe plus de 150 sites dans le monde.

dimanche 2 octobre 2011

Klout face à ses concurrents

Source : Blog du modérateur 

Klout n'est pas le premier service à tenter d'évaluer l'activité d'une personne sur les réseaux sociaux. D'autres services avant lui s'y sont essayé, avec plus ou moins de succès.
La force de Klout réside à mon avis dans une idée simple, mais redoutable : le scoring.

L'élément fondamental dans Klout, c'est la note qu'il vous attribue en tant que membre des réseaux sociaux. Bien que les critères d'évaluation ne soient pas très flous, Klout réussit - sur le papier du moins - à mesurer l'in-mesurable, en distribuant bonnes et mauvaises notes.

Ce système de notation a de fortes chances de s'imposer, car il répond à plusieurs besoins :

  • pour les tweetos / blogeurs, il permet de satisfaire leur égo et de se vendre potentiellement comme "influenceurs", donc de valoriser leur activité
  • pour les community managers, Klout offre un moyen de mesurer l'efficacité de leur travail
  • pour les marques, il offre un moyen de prendre la température de leur vie sociale
Bref, dans un monde dominé par les statistiques, Klout arrive à point nommé.

Toutefois, il n'est pas exempt de reproches :
  • Personne ne semble savoir comment se calcule la note que vous attribue Klout : toutefois ce qui est assez marrant, c'est personnellement, j'obtiens des scores très proches d'un service (Klout : 44) à un autre (PeerIndex : 43). Je vais suivre l'évolution dans le temps pour voir si ces similitudes se poursuivent
  • Malgré une bien jolie interface, très sobre, Klout ne propose aucune représentation visuelle de votre activité. C'est dommage car à part quelques graphes de ci, de là, on aurait aimé trouver des diagrammes plus expressifs, tels que ceux que propose par exemple PeerIndex (cf. ci-dessous)
  • il ne permet pas d'inclure dans son panorama social des flux RSS, or c'est un moyen simple de spécifier les autres moyens de publication que peut utiliser un bloggueur
  • il ne sait pas se connecter à Viadeo (uniquement LinkedIn pour l'instant, mais cela est probablement lié au fait que Klout est américain) ni à d'autres réseaux sociaux plus confidentiels
  • il est très vague sur vos domaines d'influence : Klout semble se contenter en effet d'évaluer les mots-clés récurrents, là où PeerIndex propose une analyse plus fine de vos domaines d'intérêts et d'influence
  • enfin, il ne permet pas de créer un profil public, visible par tous, contrairement à PeerIndex
En résumé, Klout est focalisé sur l'indice Klout et son évolution dans le temps et dans l'espace social. Et objectivement, on ne peut reprocher ce choix, c'est stratégiquement judicieux.
Je regrette juste qu'il n'y ait pas assez de représentation graphique de l'activité des influenceurs, comme par exemple ce que l'on peut trouver sur The Archivist. Certes cet outil est limité à Twitter, mais ces graphes sont très parlants. Par ailleurs, à se focaliser sur le scoring, les membres de Klout auraient au moins pu générer un petit code HTML afin de permettre aux internautes d'afficher ostensiblement leur score. C'est très surprenant qu'ils n'y aient pas encore pensé.

PeopleBrowsr vient de réaliser un joli teasing en annonçant une killer-app, sobrement intitulée "Kred" (la mode est au K visiblement). Rendez-vous le 6 octobre pour voir s'ils ont réussi à mettre la barre plus haut que Klout.

Liens :


samedi 1 octobre 2011

Aquafadas : une petite démo de Motion Composer vaut mieux qu'un long discours

Aquafadas vient de publier un mini-site très sympa, appelé "What can you get with MotionComposer ?".
C'est un démonstrateur destiné à montrer le potentiel de leur outil de création de contenus HTML5 ou Flash, dont je vous parlais récemment.

Voici ce que ça donne :


Moi je dis : pretty cool !