Digital : mes prédictions pour 2017

En ce début d'année, l'heure est tout d'abord aux voeux : donc, ce sera comme d'hab' la santé, le bonheur, la prosperité, l'amour, le tirage dans l'ordre à l'Euromillions (rayez les mentions inutiles). Une fois que c'est fait, il est de bon ton de se lancer dans les prédictions, et si vous suivez mon blog, vous savez que c'est un sport que j'apprécie. Alors pour cette nouvelle année, voici quelques-unes des tendances qu'il va falloir suivre de près à mon avis.

IoT, connecteurs & Headless Commerce

Les objets connectés commencent à nous envahir doucement mais sûrement. Tout le monde s'habitue à leur présence, et la connectivité devient la norme. L'objet doit être intelligent, mais ce qui manque encore, ce sont les normes de communication universelles qui permettent de standardiser les échanges. En attendant, les connecteurs plus ou moins sophistiqués pallient à ce manque, et ce que les services tels qu'IFTTT ou ZAPIER permettent de faire ouvre de belles perspectives.

En écho (sans jeu de mot) à la multiplication des objets connectés, le eCommerce est en train de muter. Il quitte son périmètre contraint du site web pour se désincarner et s'intégrer à potentiellement n'importe quel objet connecté au web. Et là, on devine un potentiel immense en termes d'usage : demain, on ne passera plus par un site web pour acheter en ligne. On utilisera son frigo, son four ou le tableau de bord de sa voiture, bref, les outils de notre environnement quotidien.

ChatBots everywhere

Pour acheter, demain, on utilisera aussi des robots. Sur Skype, dans Messenger, dans les chats de nos sites web, les robots vont nous permettre de commander un produit en posant une simple question. Et dans la foulée, après-demain, on pourra commander en utilisant les interfaces vocales de nos smartphones ou de nos ordinateurs. Cortana, Siri, Echo... les voilà les futures interfaces d'achat. Cela pose bien évidemment bien des questions en matière de eCommerce et de structuration de son catalogue produit.

Après le Big Data, le Slim Data

Les élections américaines, le Brexit et plus récemment, les primaires de la droite en France ont montré à quel point les prédictions statistiques peuvent induire en erreur les meilleurs spécialistes. Depuis plusieurs années, les directions marketing se sont goinfrées de Data, au point d'en devenir obèses. Trop d'indicateurs, trop de données, trop d'hétérogénéité... et au final, une perte d'instinct et de réalisme. La conclusion, c'est que comme en tout, la clé est dans le bon équilibre : ni trop, ni trop peu. La Data, il en faut, mais ce n'est pas la martingale. Le marketing, la stratégie et le pilotage d'une entreprise se font grâce à un subtil mélange d'instinct, de connaissance terrain et de données pertinentes et scrupuleusement sélectionnées.

Réalité Augmentée post-Pokemon

Pikachu aura eu une vertu en 2016 : celle de démocratiser très rapidement l'usage de la réalité augmentée auprès du grand public. Du coup, les technos d'AR ont pris un coup de jeune et ont retrouvé des lettres de noblesses auprès des agences et des annonceurs, qui comprennent enfin qu'elles disposent d'un lien efficace entre print et digital. Et quand je dis "print", je parle de tous les prints, du plus petit au plus grand format. Les usages peinent encore à arriver, mais au-delà du gadget, on commence à voir des applications vraiment utiles et intéressantes. Reste à trouver LE standard qui s'imposera comme le lecteur universel en matière de réalité augmentée.

Le ProxyDigital : du virtuel, mais concret

La digitalisation de nos environnements, qu'ils soient professionnels, personnels ou intimes, personne ne peut aujourd'hui la nier. Le numérique s'insinue partout, il envahit nos TV, nos téléphones, nos appareils... Mais les utilisateurs de digital, pour autant qu'ils aiment les usages et les services qu'ils procurent, recherchent du concret et de la proximité. Ils veulent le meilleur des mondes : la facilité d'utilisation, l'expérience et la rapidité du digital. Et la chaleur humaine d'un contact de proximité, la "concrétude" d'une boutique physique, la rassurance d'un vrai magasin. C'est ce que j'appelle le ProxyDigital, et qu'il s'agisse de commerce électronique ou services en ligne, je suis convaincu qu'il s'agit d'une tendance de fond.

La puissance du micro-asset

Je ne sais pas si vous avez vu le film "Les nouveaux héros". Si ce n'est pas le cas, je vous le recommande. Dans ce film d'animation, un ado invente un robot constitué de milliers de micro-robots capables de s'assembler et de se combiner à l'infini pour réaliser n'importe quelle forme, avec une pusisance phénoménale. Cette architecture me fait penser à celle des assets, et à leur importance dans le monde digital actuel : chatbots, eCommerce headless, communication 360°, tous ces canaux, tous ces points de contact doivent être alimentés par de la matière. Cette matière, elle est vivante : elle est créée par la combinaison d'éléments qui s'assemblent ou se désassemblent au gré des besoins. Photos, vidéos, fichiers, avis, commentaires, tweets... tout est asset. Et ces assets d'aujourd'hui constituent la nourriture des robots de demain. C'est de cela que ce nourriront les intelligences artificielles qui animeront vos objets connectés ou vos interfaces de commande en ligne.

CXO et Flat Management

User Experience : tout le monde a ce mot à la bouche, sans nécessairement comprendre les enjeux que ça couvre. L'UX, ce n'est pas juste le design d'un site ou la disposition d'une page web. L'UX, c'est l'histoire que raconte une marque au travers de ses interfaces et de ses interactions avec ses clients. Et le champ de l'UX est immense aujourd'hui : il ne se limite pas au web, il s'étend à tous les points de contact marketing, il englobe l'assistance téléphonique, le SAV, le retail... Les valeurs de la marque doivent transpirer et irriguer toutes les sphères de l'entreprise, et à l'heure du digital, cela a nécessairement un impact sur la façon dont s'organisent les entreprises. Cette révolution "UX-centric" ne peut se faire dans un environnement fait de silos étanches. Les barrières doivent voler en éclat, les équipes doivent être réorganisées autour de flux et de points de contact et pour gagner en créativité, en réactivité et en inventivité, ces équipes doivent gagner en autonomie et en liberté d'action. Autant dire que si vous voulez vraiment faire de l'User Experience, si vous voulez libérer les chakras (et pas les Shakira) et si vous voulez être vraiment agiles, vous devez accepter de "lâcher le slip" de vos équipes comme dirait Titeuf.

Voilà, j'ai joué à l'Oracle, on verra dans un an si je me suis planté :-)

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