Ceci n'est pas un MVP



Le management LEAN a favorisé l'émergence de concepts très intéressants dans la gestion de projet. Parmi eux, on trouve celui du MVP, cher aux startuppeurs. MVP signifie "Minimum Viable Product" , ou Produit Minimal Viable dans la langue de Cyril Hanouna.
A l'origine, le concept de MVP désignait le strict minimum nécessaire pour se confronter à des utilisateurs potentiels. Par exemple, si vous fabriqu ez des yaourts, ce qui compte avant tout c'est la texture et le goût. Pas la forme du pot ni son packaging. Le MVP d'un yaourt ressemblera donc à un bol avec de la crème dedans.

Le MVP selon Lamborghini

Pour une voiture, l'essentiel c'est le moteur, le chassis et les roues. Cela suffit pour tester la réaction d'un marché ou anticiper ses performances. En son temps, Lamborghini l'avait bien compris en créant la MIURA : le travail avait d'abord porté sur le chassis et le moteur, pour obtenir l'équilibre parfait. La voiture avait d'abord été montrée comme cela lors d'un salon, avant d'y ajouter une carrosserie digne de nom.

source : http://www.lambocars.com

L'image ci-dessus est l'exemple parfait d'un MVP qui à lui seul a su convaincre les professionnels de l'auto qu'une révolution allait se produire.

La théorie du MVP "trotinette"

Pourtant, il existe une autre école du MVP, qui explique comment "bien" créer le Mvp d'une voiture. Voici à quoi cela ressemble :

En résumé, pour construire une voiture, ce courant de pensée recommande de commencer par créer... un skateboard. Puis une trottinette, puis un vélo.

D'un point de vue de développeur, cela peut s'entendre... et encore. D'un point de vue "Business" , c'est une hérésie : si votre marché a besoin d'un véhicule destiné à transporter une famille sur plusieurs dizaines de kilomètres , vous ne pouvez pas vous confronter à lui avec une planche à roulettes.

Les américains ont une vision des projets assez différente de la nôtre .. ils recommandent d'aller le plus vite possible vers les clients, puis d'apprendre et d'améliorer le produit. Cette vision est tre's intéressante, car elle évite l'écueil de la Tour de Babel parfaite, mais qui ne sera jamais finie.
On l'imperfection n'a jamais empêché de vendre.

La condition , c'est de trouver son marché : et le Mvp doit présenter dès sa première version un Product Market Fit viable. Le problème que pose le schéma de la trottinette, c'est celui de la finalité : pour beaucoup de startups, le MVP ne sert pas à se confronter au marché. Il sert en réalité à bluffer des investisseurs et à lever des fonds, sur du vent. Dans les entreprises parfois, le syndrome est similaire : le MVP peut servir à allécher la Direction d'un groupe ou à obtenir des budgets, ce qui le détourne de son usage initial.

Ami-e-s entrepreneurs, ne vous trompez pas : un bon MVP doit vous permettre de vendre et d'obtenir vos premiers clients. Et vous devez avoir en tête de le faire le plus vite possible, même si tout n'est pas parfait !


Quant à vous ami- ers investisseurs, méfiez-vous des MVP bidons : s'il n'a pas été mis en pvducteoir, s'il n'y a pas de metrics et si aucun client ne l'a utilisé, alors c'est du vent. Et vous risquez de miser votre argent sur une trottinette pendant que d'autres conçoivent une Lamborghini.

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