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Outbrain et Taboola : ou quand Voici s'invite chez Beuve-Méry


Voici un exemple d'espace publicitaire alimenté par Outbrain sur le site d'un journal en ligne


Vous avez sans doute remarqué depuis quelques temps ces liens bizarres et quelques peu racoleurs qui fleurissent au pied des articles des éditions web des grands journaux français.
Genre, vous lisez un article sur le Prix Nobel de la Paix et le texte se termine sur des liens qui pointent vers "la recette miracle contre le mal de dos", "les techniques pour mieux se raser" ou "les femmes de footballeurs les plus sexy". Avouez que ça a de quoi dérouter…

En fait, ces espaces de publicité sont "loués" par les magazines à des plateformes de recommandations de liens, qui sont devenues en quelques années de véritables mastodontes dans la pub en ligne. Les plus connues sont Outbrain et Taboola, mais il y en a d'autres.

Je ne m'étendrai pas sur les méthodes des ces plateformes qui proposent un modèle de publicité basé sur des articles et des titres accrocheurs – pour ne pas dire "racoleurs" – afin de générer un max de clics auprès des lecteurs. Lecteurs qui par la suite, se retrouvent sur un site qui n'a rien à voir avec le journal qu'ils lisaient et qui est souvent truffé de pubs.

Autre exemple de contenus "complémentaires" en pied de page d'un article du Monde.fr. On a vu mieux côté pertinence éditoriale…

Non, ce qui me surprend vraiment, c'est la facilité avec laquelle les éditeurs ont cédé à ces sirènes : sans prendre en compte les dégâts que ce modèle de contenus publi-rédactionnels auront à terme sur la crédibilité de leur marque, ils ne regardent que la source de revenu immédiate… c'est réellement affligeant ! Je serai curieux de connaître l'avis des journalistes à ce sujet.

C'est un peu comme si en achetant votre magazine préféré, vous découvriez qu'un article sur deux est un publi-rédactionnel sponsorisé par divers annonceurs, mais mélangés au milieu de publications de vrais journalistes… Pas top côté crédibilité.

De mon point de vue, c'est une hérésie en termes de valorisation de ce qui fait la richesse d'un titre éditorial, à savoir son propre contenu et son positionnement en tant qu'observateur critique de la société. Et en matière de cohérence et de valorisation de la marque, on dépasse le stade du sciage de branche. A ce niveau-là, c'est proprement de l'auto-dynamitage…
Une démonstration de plus des limites de la publicité en ligne à outrance, tirée uniquement par le profit immédiat. Et du détournement du marketing cognitif pour faire de nous des machines à cliquer dès qu'elles se mettent à saliver.

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