Accéder au contenu principal

Pourquoi le RGPD est une chance pour les imprimeurs



A moins de vivre sur une autre planète, vous n'êtes pas sans savoir que l'Union Européenne vient d'activer une des règlementations les plus drastiques du monde en matière de protection des données privées, j'ai nommé le RGPD (Règlement Général pour la Protection des Données). Je ne détaillerai pas ici ce dispositif (si vous êtes intéressé, j'avais publié un article sur un autre blog), mais je voudrais plutôt m'attarder sur les conséquences de ce texte – et du contexte ambiant – sur l'imprimerie.

Il y a 10 ans de cela, j'ai vu les budgets marketing se détourner massivement du Print pour investir le webmarketing. En lançant les AdWords, Google avait réussi la prouesse de rendre le marketing compréhensible et lisible par les financiers, avec la magie d'un ROI sur le coût par clic.

Pour l'imprimerie, le webmarketing a été désastreux : comment lutter contre des médias marketing intelligents et bourrés de stats, quand on est un support relativement passif et plutôt économe en données comportementales ?




10 ans plus tard, après une orgie de data, quelques scandales et une exaspération globale des consommateurs… le monde change. Comme l'agriculture, le marketing a connu sa période d'exploitation intensive, au risque de ruiner la ressource.
Le RGPD remet les pendules à l'heure, et le consommateur attend autre chose : le respect. Les marques l'ont compris : de gré ou de force, elles vont devoir s'adapter à ce nouveau contexte, et elles vont nécessairement rechercher de nouveaux canaux plus respectueux.

C'est là que les imprimeurs ont un rôle à jouer : montrer à quel point le média papier, bien géré, est un vecteur de relation client de qualité. Non intrusif, passif – mais dans le bon sens du terme – , intelligent, mais que si on le souhaite, recyclable, durable… Le papier est bourré de qualités.

Alors ami(e)s imprimeurs, rebondissez sur la vague RGPD : expliquez à vos clients les vertus d'un magazine ou d'un beau catalogue, parlez-leur de marketing direct envoyé à une base de contacts collectés sérieusement, montrez-leur que le papier se marie bien avec un smartphone (regardez les exemples d'interactions web tels que le NFC peut en proposer)… et puis surtout, soyez convaincants : un beau support print est porteur d'une émotion, d'une sensation. Il sert la marque et il crée une expérience utilisateur que jamais une annonce AdWord ne pourra égaler.

A l'heure où l'expérience client devient l'alpha et l'omega d'un monde digital tracté par le eCommerce, le papier sous toutes ses formes (packaging, étiquetage, supports marketing…) est un vecteur essentiel d'attention portée au client.

J'en suis convaincu, l'heure de la revanche a sonné pour les imprimeurs, à condition d'être particulièrement convaincant, en sachant utiliser les arguments qui feront mouche.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Importer les données d'un tableau Excel dans Indesign [actualisé]

Une question qui revient souvent sur les ondes concerne l'automatisation de l'import de tableaux Excel dans Indesign. C'est un aspect très utile dans la vie d'un graphiste, et globalement mal appréhendé par la plupart d'entre eux. Il faut reconnaître qu'Excel n'est pas l'outil naturel du graphiste, c'est même plutôt un sujet de détestation et de moquerie.
Or force est de constater qu'Excel est utilisé par un grand nombre de clients pour travailler leurs données produits et leurs grilles de prix.
En d'autres termes, Excel est au marketeurs ce que Photoshop et Indesign sont aux graphistes : leur compagnon quotidien.

Lorsqu'un client vous soumet des données Excel à mettre en forme, deux options s'offrent donc à vous pour monter votre mise en page :
copier / coller les contenus et faire une mise en page “en dur”… méthode la plus courante mais qui comporte de nombreux inconvénients : perte de temps, répétition de tâches fastidieuses, aucu…

RGPD : la gestion des cookies au service du marketing éthique

Depuis l’entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données en mai dernier, la plupart des sites se sont ornés de bannières ou de bandeaux sur la protection de la vie privée. Je dis la plupart, car dans le eCommerce en particulier, pas mal de sites sont à la traine...
Malheureusement, qui dit bannière d’information sur la gestion des cookies ne signifie pas pour autant un respect de la réglementation, et au-delà, du consommateur. Il est important d’informer, mais aussi de permettre de doser finement ce que le client veut accepter ou non. Et que ce dosage soit véritablement suivi des faits.
La difficulté pour les marketeurs, c’est que la gestion des cookies signifie souvent pour eux une baisse d’activité, ou du moins de rentabilité de certains dispositifs de webmarketing. Le choix court-termiste de marketeurs ou de e-Commerçants consiste alors souvent à faire le minimum syndical : informer vaguement sans faciliter le libre-choix du consommateur.
Je pense sincèrement que ce…

Le "100% Revendeurs" dans l'imprimerie en ligne, un modèle qui a de l'avenir !

Alors que de plus en plus de clients finaux achètent en direct leurs imprimés en ligne, beaucoup s'interrogent sur l'avenir du modèle 100% revendeurs, voire même sur la pérennité du revendeur lui-même. Est-il voué tel un dinosaure à disparaître, emporté par un tsunami digital ? Ou serait-il en train de renaître, tel un Phénix ? Eléments de réponse avec l'exemple français de Realisaprint.com 10 ans d'existence, 10 millions d'Euros de CA, 100% revendeurs Depuis sa création en 2009, le site Realisaprint.com propose des produits d'impression exclusivement réservés aux revendeurs, sur le modèle du “closed portal” – en français, un site web dont l'accès et surtout les prix sont fermés aux non-revendeurs. S'il était répandu jusqu'en 2014-2015, ce modèle de distribution s'est étiolé sur le web, laissant progressivement la place à de simples programmes de remises commerciales sur des prix publics. Ce principe de grilles de remises constitue aujourd'…