Le web-to-print au service de l'imprimerie

J'ai reçu beaucoup de messages suite à mon précédent billet consacré au greenwashing dans l'imprimerie. Beaucoup de ces mails venaient notamment d'imprimeurs concernés par cette problématique et qui, au-delà des engagements environnementaux et des certifications, souhaitaient acquérir de nouveaux outils qui prolongeraient leur démarche en faveur d'une imprimerie plus propre, tout en leur ouvrant les portes de nouveaux marchés.

C'est pour cette raison que je souhaite revenir sur cette formidable opportunité que représente le web-to-print pour les imprimeurs, quelle que soit leur taille.

Ces opportunités se situent à 3 niveaux :
  • sur le plan environnemental : tous les imprimeurs sont dotés de serveurs FTP, et ça depuis plusieurs années. Sauf qu'aujourd'hui cela ne suffit plus ; pire, on constate de plus en plus un retour à une gabegie d'impressions préliminaires à fin de relecture, tendance accentuées par la complexification des circuits de validation dans les entreprises et les collectivités. Le PDF c'est bien, mais on aime toujours autant les sorties papier pour relire et corriger. Par ailleurs, la démocratisation des appareils photos numériques entraîne une inflation des échanges de visuels entre les annonceurs et les concepteurs, ce qui se traduit fréquemment par des échanges incessants de mails, de clés USB ou de CD / DVD. Une plateforme éditoriale web-to-print constitue le moyen le plus efficace de contourner ces problématiques : les clients peuvent créer leurs propres supports à partir de modèles pré-définis, pour y déposer ensuite textes et photos sans quitter leur navigateur web. Les validations, corrections et annotations se font en ligne, sans générer le moindre PDF ou le moindre e-mail, et tout est rassemblé dans la plateforme qui constitue ainsi la base de centralisation de toutes les données. L'imprimeur et ses clients entrent de cette manière dans une véritable démarche de dématérialisation, qui génère souvent une prise de conscience intéressante chez les clients ; ils se rendent ainsi compte des avantages du travail collaboratif à distance, et du confort que cela procure. Télétravail, échanges à distance, télécollaboration, les plateformes web-to-print démocratisent et évangélisent ces concepts, en créant une sorte de cercle vertueux. Enfin, si l'imprimeur fait le choix de solutions mutualisées (plateformes SaaS ou PaaS), il optimise l'impact environnemental de ce choix technologique, puisque toute l'infrastructure nécessaire (serveurs web, robots de composition…) est mutualisée entre plusieurs clients, et répartie en fonction des besoins de chacun. Dernier point : les plateformes web-to-print permettent de réaliser depuis un simple navigateur web des opérations de PAO qui jusque-là nécessitaient des machines et des logiciels très sophistiqués : ce choix technologique permet, à périmètre fonctionnel égal, d'utiliser des ordinateurs plus anciens. Or dans le domaine de l'informatique, le levier principal de l'éco-démarche consiste à utiliser ses ordinateurs le plus longtemps possible…
  • sur le plan technologique et méthodologique : l'introduction d'une plateforme éditoriale web-to-print dans la relation annonceur-imprimeur permet de rationaliser les échanges. De façon douce, de nouvelles procédures de validation ou d'échange de données sont mises en place ; les bénéfices procurés par le nouvel outil facilitent le plus souvent l'acceptation de ces quelques contraintes par le client. Or cette rationalisation se traduit par une plus grande efficience de l'imprimeur. Par ailleurs, couplée à des flux automatisés et / ou des médiathèques, les plateformes web-to-print deviennent de redoutables outils pour laisser les clients générer leurs documents en autonomie, tout en ayant déployé toutes les sécurités nécessaires pour sécuriser et baliser leur travail. Tout cela au final, se traduisant par un gain financier pour l'imprimeur.
  • sur le plan commercial : chez tous les imprimeurs que je connais et qui se sont équipés d'une plateforme web-to-print, le constat est le même : la plateforme web-to-print est un "plus" indéniable, à l'heure où chaque prestataire tente à tout prix de se différencier de ses concurrents. Associée à une démarche environnementale sérieuse, et à un savoir-faire avéré, elle constitue un avantage concurrentiel qui fait souvent la différence. Le client gagne en autonomie, en rapidité, en fiabilité et en procédures de validation ; il utilise un outil web souvent ludique, et c'est ce qui fait la différence.
Enfin, j'ajouterai qu'à l'heure où le cross-media se démocratise, ces plateformes ouvrent de nouvelles perspectives à une industrie bien malmenée : en effet, pourquoi l'imprimeur ne deviendrait-il pas l'éditeur multicanal des entreprises et des collectivités ? Grâce aux plateformes cross-media, il pourrait ainsi centraliser les données (cette fameuse communication liquide) puis en fonction des besoins réels de ses clients, optimiser leur diffusion sur chaque canal disponible : l'imprimé, bien sûr, mais aussi les terminaux tels que les iPad ou les smartphones, les réseaux sociaux, les sites web, les flux RSS…

Finalement, optimiser la communication pour n'imprimer que le strict nécessaire, tout en ouvrant de nouvelles sources de revenus pour les imprimeurs, c'est peut-être une des solutions pour accompagner la transformation de l'industrie de l'imprimerie…

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