La crise du Covid affecte les géants de l'imprimerie en ligne qui multiplient les plans d'actions

Près de deux mois après le démarrage de la crise mondiale du Covid-19 et de l'arrêt global de l'économie, le secteur de l'imprimerie apparaît comme particulièrement affecté par la baisse – pour ne pas dire l'arrêt brutal – d'une grande partie des achats. En France la situation a été accentuée par l'annulation du second tour des élections municipales, traditionnel moteur de l'activité d'impression. Chez les imprimeurs de taille moyenne, il semble que les producteurs d'étiquettes ou de packaging arrivent à atténuer la "casse", en particulier ceux qui disposent de portails de web-to-print. Du côté des géants de l'imprimerie en ligne, la situation paraît plus délicate, particulièrement chez ceux qui sont côtés et qui de fait, ont subi de plein fouet la crise boursière.

Cewe adapte son outil de production pour plus de flexibilité

Du côté de CEWE, des mesures organisationnelles ont été prises pour "adapter la situation des coûts aux fluctuations des ventes" comme l'indique la compagnie dans un communiqué de presse (traduit par Google Translate). "Le Directoire et les représentants des salariés ont conclu des accords permettant une adaptation spécifique et flexible des capacités en cas de pénurie de travail consécutive à la crise des coronavirus. Dans les segments concernés, CEWE sauvegarde le revenu des salariés au-delà du champ d'application des obligations légales dans de nombreux cas". Pour l'instant, le cours de bourse semble retrouver des couleurs… Rendez-vous est donné le 12 mai prochain pour la publication des résultats du 1er trimestre.


Cours de Bourse de Cewe (source ir.cewe.de)


Cimpress lève 300 millions d'euros auprès du fonds Apollo Global Management

Afin de renforcer sa santé financière, Cimpress vient d'annoncer la levée de 300 millions d'euros auprès du fonds de Private Equity Apollo Global Management. De ce que je comprends du communiqué de presse en anglais, ces fonds devraient servir principalement à désendetter le groupe, mais je ne suis pas certain des termes. Si des représentants de Cimpress francophones pouvaient préciser cela en commentaire, ce serait parfait :-)
Dans ce même communiqué, le groupe présente des résultats préliminaires pour le 1er trimestre, en baisse de revenu de 10% et d'EBITDA de 20% par rapport à l'année précédente; baisse qui s'accélère à -30% de revenu en mars. La dernière semaine de mars et la première d'avril ont vu les commandes chuter de 65% par rapport à l'année précédente (selon ma propre traduction). Des mesures ont été prises pour préserver le cash-flow, notamment au niveau des investissements publicitaires et de la masse salariale.


Robert Keane reste néanmoins positif sur la solidité de son entreprise : «Même si les récessions économiques profondes sont douloureuses, elles créent également des opportunités et accélèrent les avantages concurrentiels pour les entreprises dotées de solides modèles commerciaux axés sur l'exécution, investissant dans des projets clés et améliorant la valeur client. Nos actions récentes garantissent que Cimpress reste financièrement solide en ces temps incertains afin que nous puissions faire exactement cela », conclut-il dans ce communiqué de presse

La Direction de Grafenia réduit sa rémunération pour 7 mois

Chez Grafenia, maison-mère de Printing.com, W3P et Nettl, les Directeurs-rices exécutifs-ives ont accepté de ne toucher que 20 à 30% de leur rémunération mensuelle net d'avril à novembre, comme l'explique PrintWeek. En échange, ces cadres recevront de nouvelles actions en compensation. "Ceux qui aident l'entreprise à économiser de l'argent en ce moment seront, espérons-le, récompensés lorsque nous sortirons de l'autre côté" expliquer Peter Gunning, CEO de Grafenia. La Bourse semble avoir réagi positivement à cette annonce.


Et chez les autres ?

Pour l'instant, j'ai l'impression que les grands imprimeurs en ligne indépendants résistent mieux, en particulier du côté des géants allemands ;  c'est un sentiment basé sur des échanges que j'ai eu récemment avec différents interlocuteurs. Les imprimeurs en ligne de taille moyenne réagissent et semblent s'adapter progressivement à la situation en revoyant leur schéma de distribution ou en proposant des services pour aider clients et fournisseurs. Quelques acteurs du secteur sembleraient par contre rencontrer des difficultés au niveau des règlements fournisseurs chez leurs ateliers sous-traitants, situation qui risque de s'accentuer dans les semaines qui viennent selon la tournure que prendra – ou non – la reprise en Europe et dans le Monde.

Ce qui est sûr, c'est que l'arrêt des festivals, fêtes locales et les restrictions imposées à l'activité touristique, combinée à la réduction des dépenses publicitaires des annonceurs, pèseront fortement sur l'activité des imprimeurs lors de la reprise post-confinement, et plus fortement encore chez ceux qui n'ont aucune solution de prise de commande à distance à proposer à leurs clients.

Espérons qu'un report hypothétique des municipales à l'automne permettra de booster un petit peu l'activité en France…

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