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Google Drive : sur la voie du Digital Asset Management

Comme tout bon graphiste qui se respecte, j'ai très tôt été confronté à la problématique de l'envoi et du partage de fichiers volumineux.

Syquest, Jazz : le Néolithique

Ceci est un dinosaure. Graphicus Iomegus Jazzy.
Dans mes jeunes années, c'était pas compliqué : on avait des disques Syquest, Iomega Jazz ou Zip, un coursier... et zou ! Il n'y avait qu'à prier pour que le colis arrive entier à destination.

Les lignes Numeris sont arrivées, et avec elles, la volonté d'expédier directement les fichiers aux destinataires : annonceur, photograveur, imprimeur, régies...

Très rapidement, le FTP s'est imposé comme un outil efficace. Mais pas très funky. Difficile à utiliser pour des clients néophytes, les clients FTP étant souvent des trucs de geek.

Certains prestataires ont plaqué une couche "web" à leur FTP pour tenter de le rendre plus sexy, mais ça n'a que rarement été une réussite.

Un client FTP : plus ergonomique, tu meurs


Au milieu des années 2000 sont apparues des solutions de partage express, via des liens de téléchargement : YouSendIt, RapidShare, MegaUpload, Box.net et surtout, mon préféré, DropBox.
Des années que je l'utilise celui-là et il faut reconnaître qu'en termes de simplicité, il fait très fort.

DropBox se mue en espace collaboratif

DropBox est vraiment génial pour uploader un fichier : il suffit de le faire glisser dans un dossier local sur son ordinateur, la synchro se fait ensuite en arrière-plan.
Pour partager le fichier, rien de plus simple : on obtient un URL qu'il suffit de partager avec les destinataires.
Simple et efficace.

Au point que petit à petit, DropBox qui à la base n'est qu'un espace de stockage en ligne, se transforme en outil de travail collaboratif. Justement parce qu'il est simplissime.
Aujourd'hui, qui dit stockage de données numériques et travail collaboratif dit Digital Asset Management (D.A.M.). Il est donc naturel que l'on assiste à l'apparition de connecteurs entre des systèmes de DAM et Dropbox, à l'instar de PicturePark.



Le Cloud descend de son nuage

L'enjeu est bien là : la gestion du patrimoine numérique, des entreprises comme des particuliers. Face à la profusion de données, il devient crucial de mettre en place des solutions de classement, d'archivage et de recherche qui permettent d'exploiter pleinement ce patrimoine.
Google ne pouvait rester sans réagir. D'une part, parce qu'il s'est fait une spécialité des outils de collaboration pour groupes de travail, via Google Documents.
Mais surtout parce que, d'autre part, son business model repose sur l'indexation, l'analyse et le recoupement de toutes les informations qu'il peut obtenir sur ses utilisateurs. Et les données numériques représente une véritable mine d'or qu'il se doit de ne pas négliger.

Voici la raison pour laquelle Google Drive a été lancée, à mon avis.

A quoi ça ressemble ? Et bien tout d'abord, il faut activer "Drive" sur son compte Gmail. Personnellement, cela ne fonctionne pas encore sur tous les comptes ; sur un compte Gmail cela s'est bien passé, sur un autre compte dont je dispose avec des apps. pro, j'ai un message m'indiquant que le service n'est pas encore activé, bien que les paramètres soient bien définis.
Bref, il faut probablement compter un peu de temps pour que la nouveauté se diffuse.



Il suffit ensuite de télécharger depuis l'écran de Drive le client adapté à votre système d'exploitation : soit la version Windows, soit la version Android par exemple.
Sur votre PC, un petit programme d'installation va se lancer. Il va créer un nouveau dossier sur votre disque dur dans "Mes documents" : vous y retrouverez tous les Google Docs que vous avez créé en ligne.
Pratique... Drive devient ainsi une image "physique" de votre espace de stockage en ligne. Une fonction encore en Beta permet même de disposer de ces fichiers en local en mode offline.
Par ailleurs, un icône apparaît dans la barre des tâches, pour gérer les paramètres de synchronisation facilement.



Les fichiers sont stockés dans leur format natif Google Docs, ce qui fait qu'au double-clic, ils s'ouvrent dans Google Documents dans votre navigateur. Le navigateur devient alors le prolongement de votre bureau, repoussant encore les limites du Cloud.

Pour stocker un fichier dans Google Drive, il suffit de le copier / coller dans ce dossier. Automatiquement, la synchro s'effectue en arrière-plan. Des paramètres permettent de gérer l'importation des fichiers Office de façon à faciliter leur compatibilité avec Google Documents, et un connecteur spécifique est même disponible.


Google sur le chemin du DAM


Depuis son lancement, on oppose Google Drive à DropBox. Bien sûr, il s'agit d'un espace de stockage virtuel. Et de partage.
Mais laissez-moi vous dire que spécifiquement sur ces deux points, je le trouve plus compliqué à utiliser que d'autres outils.
Bien que je l'ai installé, lorsque j'ai besoin d'envoyer un fichier volumineux à quelqu'un, je continue de passer soit par Dropbox, soit par Skype lorsque c'est possible.
Tout simplement parce que l'opération est d'une simplicité déconcertante.

Mais Google Drive va plus loin. Beaucoup plus loin. Il faut le prendre dans son ensemble : Drive n'est pas qu'un disque dur virtuel, il englobe toutes les applications bureautiques. D'ailleurs, la terminologie "Drive" a remplacé "Documents" chez Google.

C'est un petit peu comme si vous aviez Microsoft Office portable sur votre clé USB.
Là où cela devient redoutable, c'est que cet espace de stockage et ces applications :

  1. sont accessibles depuis n'importe quel terminal : ordinateur de bureau, portable, smartphone, tablettes. Et demain, TV connectée, frigo, micro-ondes ?
  2. disposent d'un outil de recherche et d'indexation très performant (normal on est chez Google)
  3. intègrent des fonctions collaboratives uniques : travail à plusieurs, versionnement, historisation, gestion des droits d'accès, alertes...
  4. sont dotées de capacités de conversion multi-format : d'un Google Doc vous pouvez produire du HTML, du Microsoft, de l'OpenOffice, des images, du PDF...

On est bien au-delà de l'espace de stockage. On est dans le Digital Asset Management et la sécurisation des données.
Le schéma global de Google se dessine assez facilement d'ailleurs : en centralisant vos données sur un seul espace, vous pouvez encore plus facilement les "pousser" vers des services Google. YouTube, Blogger, Gmail...
L'ordinateur ou le smartphone ne devient plus qu'un simple terminal de saisie, et un outil de travail offline en cas de besoin.

Pour l'instant, le packaging de l'offre reste un peu flou. Mais je serai patron d'une PME, je regarderai les Google Apps de très près tant elles offrent un ensemble complet et homogène de services. Peut-être pas les meilleurs pris unitairement, mais hautement productifs dans leur globalité.

En tout cas, pour ce qui concerne notre domaine d'activité, les éditeurs de solutions de D.A.M. doivent désormais intégrer Drive dans leur équation, car il y a une forte probabilité qu'il devienne une source de données importante.



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