Upgrader sa plateforme d'imprimerie en ligne : quand le faire ? comment procéder ? faut-il changer de technologie ? quels sont les pièges à éviter ?

 
 
Un site web n’est pas éternel… Comme tout logiciel, il vieillit et à un certain moment, il devient obsolète. Il faut gérer la fin de vie, et la succession, mais avant cela, il faut anticiper les mutations et préparer le remplacement. Ce n’est pas chose aisée, surtout lorsque l’on est dans un environnement de production, avec des commandes à gérer. Mais si elle est mal anticipée, une mise à jour peut se révéler coûteuse en temps, en énergie… et peut engendrer une perte d’activité. Voici quelques explications pour vous guider dans cette étape cruciale de la vie d’une imprimerie en ligne…
 

Quand faut-il envisager l’upgrade de son site ?

Comme je l’explique en introduction, un site eCommerce n’est pas éternel. C’est un chantier permanent constitué de tâches mineures constantes, et d’étapes majeures qui constituent des grandes mises à jour. Pour prendre l’exemple de votre ordinateur, les « petites » mises à jour sont celles que vous réalisez tous les mois pour entretenir votre ordinateur, alors qu’un « upgrade » va correspondre au passage de Windows 8 à Windows 10 par exemple, ou d’iOS 13 à iOS 14. 
 

Si votre technologie connaît une mise à jour majeure

En théorie, un site eCommerce doit être mis à jour régulièrement. Pourquoi ? Pour conserver un socle technologique aussi récent que possible, et surtout, pour bénéficier du niveau de sécurité le plus élevé. Chaque mise à jour de Prestashop ou de Magento par exemple apporte un lot de corrections de failles de sécurité qui préserveront votre système d’attaques et d’intrusions, qui peuvent engendrer une indisponibilité de votre infrastructure ou exposer les données de vos clients. Plus vous vous éloignerez de la dernière version à jour, plus votre environnement sera vulnérable… La base technologique que vous utilisez (Prestashop, Magento, BigCommerce, WooCommerce…) constitue un logiciel qui lui-aussi connait des évolutions majeures. Par exemple, pour Prestashop, une évolution majeure a été réalisée lors du passage de la version 1.6 à la version 1.7, et bientôt à la version 1.8. Pour Magento, le principal tournant a été pris lors du passage de la version 1 à la version 2. 
Dès le moment où votre socle technologie connaît une évolution majeure (comme celles que je viens d’évoquer), vous devez mettre en route le chantier d’ugrade. Celui-ci va prendre plusieurs mois avant d’aboutir, mais au moins il est enclenché et vos équipes sont mobilisées.
 

Si votre site devient instable, lent ou défaillant

Autre signe qui doit imposer une évolution ou une mise à jour technologique, c’est la stabilité et la performance de votre site. Un site lent, qui plante ou qui bugge effraie les clients, énerve le service client et empêche les ventes. De surcroît, s’il n’est pas assez performant, votre site sera mal indexé par Google, et donc sera moins visible que celui de vos concurrents.
 

Si des failles de sécurité sont révélées

La menace des cyber-attaques devient de plus en plus forte, et il est recommandé de réaliser régulièrement des tests de pénétration de votre site pour évaluer son degré d’exposition. Si des failles ont été révélées ou si des attaques ont eu lieu, il est impératif d’envisager une mise à jour pour « patcher » toutes ces failles et sécuriser l’environnement.
 

S’il devient impossible de le faire évoluer

Je vois souvent des imprimeurs qui m’avouent que leur site est « figé », car le cœur du système Magento ou Prestashop a tellement été « tordu » pour correspondre à leurs besoins qu’il est impossible de le faire évoluer. Ou parfois, cela vient du prestataire qui a changé en cours de route, ou qui a perdu une part du savoir-faire, rendant la reprise de code quasi impossible. Une plateforme eCommerce est un éco-système vivant qui doit pouvoir évoluer constamment… Si votre site web ne peut plus évoluer, il est en fin de vie et il faut impérativement envisager son remplacement. 
 

Si votre activité se développe

Dernier cas qui doit engendrer l’enclenchement d’un chantier de mise à jour, c’est l’hyper-croissance. Certains sites d’imprimerie en ligne doublent chaque année leur chiffre d’affaires (j’en connais plusieurs dans ce cas en France, croyez-moi). Cela signifie que chaque année, le nombre de commandes, de fichiers à traiter, de visites… double. Rares sont les sites eCommerce capables de gérer sans évolution une telle croissance. L’évolution à la hausse des audiences et du chiffre d’affaires doit impérativement vous interroger sur la capacité de votre site à « tenir la charge », pour le faire évoluer si nécessaire afin d’éviter qu’il devienne un goulet d’étranglement.
 

Garder le même socle ou en changer ?

Une erreur fréquente dans le eCommerce consiste à vouloir conserver « aveuglément » une technologie, coûte que coûte : mon site tourne sous Prestashop (ou Magento), donc je reste sous Prestashop (ou Magento). Si c’est pertinent pour des mises à jour mineures (de la version 1.6.x à la version 1.6.y par exemple), ce n’est pas forcément justifié pour un passage d’un Prestashop 1.6 à 1.7 ou d’un Magento 1 à un Magento 2. En effet, ce saut que constitue un tel « upgrade » doit s’envisager comme le développement d’un nouveau site, et non pas comme une évolution. Les socles technologiques utilisés sont si profondément modifiés que votre site doit quasiment être refait de fond en comble. Souvent, les dirigeants d’imprimeries découvrent l’ampleur et le coût de cette évolution, alors qu’ils s’attendaient à une « petite » mise à jour… Et cela se révèle parfois dramatique.
 
Ne vous entêtez donc pas… et comparez. Votre site arrive en fin de vie ? OK. Comme vous allez devoir le refaire, procédez à un tour d’horizon du marché, et regardez s’il n’y aurait pas de nouvelles technologies mieux adaptées à votre besoin, plus rapides, plus faciles à mettre en place, moins coûteuses… J’ai plusieurs exemples récents d’imprimerie qui ont ainsi abandonné Magento 1 ou Prestashop 1.6 pour migrer vers d’autres solutions logicielles bien mieux adaptées à leur métier et à leurs besoins. Le temps de déploiement a été réduit et le budget bien mieux maîtrisé que s’il avait fallu gérer un upgrade majeur.
 
Ouvrez vos shakras ! Je conseille donc d’aborder la mise à jour majeure comme un nouveau projet, en mettant toutes les options sur la table et en comparant coûts directs, indirects, risques et bénéfices et délai de réalisation, ainsi que – bien évidemment – l’enveloppe budgétaire.
 
 

Comment procéder ?

Commencez par réaliser un audit de l’existant et à questionner clients et équipes internes sur leurs besoins, leurs critiques du système actuel et leurs souhaits. Faites également un tour d’horizon de la concurrence pour envisager ce qui manque à votre offre, et projetez vous à deux ou trois ans pour envisager là où vous voulez amener votre entreprise d’un point de vue stratégique.
Sur cette base, élaborez un cahier des charges qui va couvrir l’ensemble des besoins fonctionnels, techniques et sécuritaires. Fixez-vous un budget maximal en lien avec vos objectifs commerciaux, et posez une « deadline » en termes de planning selon votre saisonnalité commerciale, vos échéances ou une évolution règlementaire par exemple.
Sur cette base, interrogez différents prestataires sur les solutions qu’ils peuvent vous proposer, et comparez-le selon la grille que vous aurez élaboré à partir de votre cahier des charges.
Pour chaque option, réalisez une analyse bénéfices / risques et envisagez toutes les problématiques. Si besoin, demandez à voir ou à tester des versions de démo pour voir comment vos équipes appréhendent tel ou tel outil.
Sur la base de ce benchmark, vous pourrez prendre une décision éclairée sans avoir été aveuglé par le discours d’un prestataire.
 

Quels sont les pièges à éviter

  • attendre sans rien faire : si vous ne faites rien, vous serez rattrapé un jour ou l’autre par la patrouille… Soit votre site rendra l’âme, sans prévenir, soit vous serez victime d’une attaque informatique, soit vous serez rappelé à l’ordre lors d’un contrôle fiscal pour des problèmes de conformité TVA. Et là, vous devrez agir vite, ce qui généralement coûte très cher… Un site eCommerce est un chantier permanent, qui nécessite un investissement permanent.
  • penser que vous capitalisez sur un existant : beaucoup d’imprimeurs que je croise pensent « capitaliser » en développant un site. Sauf que leur technologie n’est pas un capital : c’est un organisme vivant qui doit sans cesse évoluer. Et qu’il faut donc nourrir avec des investissements permanents. La stratégie de « stop and go » ne peut pas fonctionner sur un site eCommerce, vous devez investir en permanence sur votre plateforme et tous les 2 ou 3 ans, refaire un site quasiment à neuf.
  • faire les mises à jour majeures immédiatement : si certains n’agissent que trop tardivement, d’autres se précipitent sur les dernières mises à jour, au risque parfois d’essuyer les plâtres. Lorsqu’une release majeure de votre logiciel est diffusée, attendez avant de l’appliquer. Regardez quels sont les retours des utilisateurs, et laissez passer quelques semaines avant d’agir. Souvent un correctif ou deux sortent dans la foulée, et eux sont bien plus stables. 
  • ne pas disposer d’environnement de pré-production : on ne teste pas en production, c’est un loi de l’informatique. Il est indispensable de disposer d’un réplica de son environnement de production sur un ou deux serveurs, qui vont servir à faire des tests. Pour les mises à jour majeures, commencez par les tester sur un environnement de dév ou de préproduction, et réalisez une analyse d’impact avant d’envisager une mise à jour de la production.
  • ne pas mettre en concurrence son prestataire : ne faites pas une confiance aveugle à votre prestataire technique, aussi bon soit-il. Mettez-le régulièrement en concurrence, et pas uniquement sur les prix. Confrontez-le à d’autres points de vue, à d’autres expériences… c’est souvent positif car les prestataires se spécialisent souvent sur une seule technologie, qui biaise leur vision du marché.
  • négliger la migration de données : que vous fassiez une mise à jour majeure ou que vous déployiez une nouvelle technologie, la migration des données depuis votre ancien environnement constitue un chantier dans le chantier. Cette étape cruciale doit être anticipée, évaluée, dé-risquée et répétée pour être réussie.
  • oublier le « time to market » : un projet informatique même agile n’est pas un puits sans fond. Il doit avoir un début et une fin, et le délai de mise sur le marché doit être aussi court que possible, pour vos finances, pour le bien-être de vos équipes et pour la satisfaction de vos clients. L’informatique est de plus en plus « jetable », avec des durées de vie qui se raccourcissent. Il faut donc que le déploiement soit le plus rapide possible, et ne s’éternise pas des mois…
  • ne pas se faire accompagner : comme dans un chantier BTP, il est important de se faire accompagner par un expert qui puisse vous conseiller de manière indépendante dans le choix à faire et dans le pilotage des techniciens. Sans accompagnement, vous prenez le risque de perdre la main sur le pilotage du projet, et de le voir filer en temps et en budget sans aucune maîtrise…
 
 
 
Crédits : Image par Tumisu de Pixabay

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