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L'importance des gabarits dans les plateformes web-to-print

Page-On-Demand, l'un des leader français dans l'automatisation des processus de conception de catalogues en mode SaaS, vient de publier un article très intéressant sur son site web, intitulé : “Le gabarit moteur de l'automatisation catalogue”. Cet article est illustré par l'interview de Cyprien Pinson, infographiste chez Euro RSCG 360.

Il ressort deux points essentiels de cette interview :
  • des gabarits bien conçus sont essentiels pour la réussite d'un projet d'automatisation de catalogue,
  • la plateforme éditoriale permet à l'infographiste de se recentrer sur son cœur de métier : monter de belles pages. Et non passer son temps à corriger des coquilles, faire du copier/coller ou mettre à jour des prix.

Je trouve cet article très pertinent car il rappelle une vérité essentielle dans le domaine du web-to-print (au sens large) : il ne faut pas croire que vous pourrez prendre n'importe quel fichier Indesign ou Quark Xpress, le “balancer” sur une plateforme web-to-print en l’état et espérer que tout fonctionne correctement dans les 5 minutes qui suivent. Si un commercial vous promet ça, FUYEZ !!!!

Le web-to-print est, comme son nom l'indique, à la croisée de deux univers plutôt antagonistes :
  • le print : avec ses habitudes d’artistes, ses photos très lourdes, ses fichiers volumineux, ses typos… et des environnements de travail à 95% Apple.
  • le web : avec ses méthodes d'ingénieurs, ses contraintes propres, sa nécessité de légèreté, et un environnement de travail plutôt Windows et/ou Linux.
La prouesse de tous les éditeurs de plateformes éditoriales, c'est de réussir à faire coexister ces deux univers, et à conjuguer leurs avantages.

Mais cette association oblige à quelques limites inévitables : on ne prépare pas un fichier destiné à une plateforme web-to-print de la même manière que lorsqu'on bosse tout seul dessus. Il faut intégrer les quelques contraintes techniques liées aux technologies et à l'ergonomie, et toujours anticiper sa mise en page en pensant à l’Autre : oui, vous savez, l’Autre, celui qui derrière son écran, se servira de votre mise en page pour produire un magazine, un catalogue ou une carte de vœux.

Ah, l’Autre… C'est bien là le problème. Depuis le premier jour où j'ai mis les mains dans le web-to-print, j'ai entendu des graphistes se mettre à râler en disant que c'était trop contraignant, trop compliqué, trop lourdingue… bref, qu'on allait perdre trop de temps avec ces nouveaux outils.
Etonnamment, j'ai constaté que c'était souvent les mêmes qui, même au sein d'une petite agence ou d'un studio, ne pensaient jamais à l'Autre : ni le client final, ni le ou la collègue, celui qui est potentiellement susceptible de reprendre votre fichier pendant vos congés, ou en cas de maladie.

Car il y a deux manières de concevoir un fichier de PAO :
  1. soit vous le concevez pour Vous, et vous seul, et donc, inutile de créer une feuille de style, de nommer un calque, ou de donner des noms à vos fichiers : après tout, “Sans titre 1”, “Sans titre 2”, ça vous parle suffisamment… Des sous-dossiers ? Mais pourquoi faire ? Vous déposez tout en vrac sur votre bureau, c'est largement suffisant. E-F-F-I-C-A-C-E, vous êtes… Et puis assembler les fichiers à la fin d'un projet, vous vous en fichez, ça crée des archives trop lourdes. C'est votre fichier, à vous, et à vous seul. Et il en sera TOUJOURS ainsi.
  2. soit, deuxième cas de figure : vous le concevez en prenant en considération dès le début qu'un Autre pourra éventuellement un jour devoir utiliser votre fichier, qui du coup, ne sera plus tout à fait votre fichier, mais aussi le Sien. Et donc, dès le départ, vous nommez vos calques : eh oui, “Images”, “Objets verrouillés” et “Logos”, c’est un poil plus parlant que “Calque 1”, “Calque 2” et “Calque 3”. Idem pour les feuilles de style : à la réflexion, ça prend un peu plus de temps au début, c’est vrai. Mais vous savez que vous vous y retrouverez largement lorsqu'il s’agira de produire quantité de pages par jour. Et en cas de modification de la charte, ça ne prendra que quelques minutes de tout répercuter. Bref, vous anticipez… vos dossiers et vos fichiers sont carrés, et c’est un plaisir de passer derrière vous.
Je vais vous révéler un vrai secret : si vous vous reconnaissez dans le cas de figure n°1, vous aurez beaucoup de difficultés à maquetter des fichiers pour une plateforme web-to-print. Je vous prédis que, quelle que soit la solution, vous trouverez toujours qu'il y a trop de contraintes… Par contre, si vous faites partie du cas de figure n°2, il ne devrait pas y avoir trop de souci, j'en suis convaincu. Vous avez déjà assimilé l’essentiel : en PAO, on ne doit pas travailler pour soi, mais au service des Autres. ;-)

Commentaires

  1. Excellent article.
    Pour moi le cas n°1 est un maquettiste qui n'a aucune discipline de travail et aura du mal à comprendre ses propres fichiers s'il les rouvre 1 an ou 2 ans après. Même en tradi, c'est un problème.
    Bizarrement, être rigoureux dans la création de gabarit, c'est déjà se faciliter la vie en tradi. En mode Saas, cela permet de créer d'emblée des embryons de catalogues qui seront très proches du look final et réduira d'autant le travail à faire ultérieurement. Gain de temps... et gain d'argent.

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