Accéder au contenu principal

Amazon Go : pourquoi ce n'est pas une si mauvaise nouvelle que ça pour l'emploi

Hier Amazon a annoncé l'ouverture de son premier concept-store connecté, dans lequel le client entre, se sert et se casse sans passer par la case caisse (je suis assez fier de cette fin de phrase). Immédiatement, les médias se sont emparés de la nouvelle pour annoncer la mort de la caissière, faisant ainsi écho aux sombres prédictions d'Elon Mush sur la disparition de l'emploi salarié à cause de l'intelligence artificielle. A défaut de SkyNet, c'est SkySupermarket.

Amazon n'invente rien, il délivre.

Pourtant, rien de neuf sous le soleil. Les expérimentations de supermarchés sans caisse existent depuis longtemps. Le fait de sortir tous ses articles de son caddy pour les poser sur un tapis constitue plutôt un gros grain de sable dans le processus d'achat. RFID, NFC, caisses autonomes, les expérimentations n'ont pas manqué depuis une dizaine d'années. Bref, Amazon n'a rien inventé. Mais, Amazon a concrétisé ce que les autres n'avaient fait qu'expérimenter. C'est sa grande force. Pour les boutons connectés ou les robots d'intérieur, Amazon détecte les evolutions de la société et a cette capacité à les industraliser pour pouvoir les lancer sur le marché, et ensuite réaliser un déploiement extrêmement rapide.

Les employés de magasin ne sont pas morts

Alors, est-ce la fin de la caissière ? Telle qu'on connaît ce métier aujourd'hui, probablement. Mais le Drive et les caisses autonomes ont déjà changé la donne. Ce qui est sûr, c'est que les magasins autonomes vont voir le jour, avec un impact sur l'emploi, forcément. Mais cela signifie aussi que la relation humaine va devenir un différenciateur majeur : au début, ces magasins autonomes vont devenir trendy, et seront l'apanage des gens branchés. Petit à petit, ils vont se banaliser et devenir la norme. Du coup, le service et le conseil d'un personnel humain sera un différenciateur, qui créera de la valeur et que les clients rechercheront. Le robot va valoriser l'humain, pas immédiatement mais plus tard, c'est certain.

La bonne nouvelle : le retour des boutiques en centre-ville

Autre bonne nouvelle, c'est le fait qu'Amazon s'intéresse massivement aux boutiques physiques. Après les librairies (un comble !) voici les supermarchés. Venant d'un géant du virtuel, cela prouve qu'il y a des limites au commerce en ligne, et que le relais local, brick & mortar, est indispensable dans la relation avec le client. Cela rassure, crée de la fidélité et favorise des montants d'achat plus élevés.


En conclusion, Amazon ne tue pas le commerce, mais le fait évoluer. Elle le repense, change les règles et apporte de l'innovation. Cela ne signifie pas nécessairement qu'Amazon voit juste, mais elle définit des standards face auxquels les autres commerçants pourront se positionner, en copiant ou au contraire, en contrecarrant.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Importer les données d'un tableau Excel dans Indesign [actualisé]

Une question qui revient souvent sur les ondes concerne l'automatisation de l'import de tableaux Excel dans Indesign. C'est un aspect très utile dans la vie d'un graphiste, et globalement mal appréhendé par la plupart d'entre eux. Il faut reconnaître qu'Excel n'est pas l'outil naturel du graphiste, c'est même plutôt un sujet de détestation et de moquerie.
Or force est de constater qu'Excel est utilisé par un grand nombre de clients pour travailler leurs données produits et leurs grilles de prix.
En d'autres termes, Excel est au marketeurs ce que Photoshop et Indesign sont aux graphistes : leur compagnon quotidien.

Lorsqu'un client vous soumet des données Excel à mettre en forme, deux options s'offrent donc à vous pour monter votre mise en page :
copier / coller les contenus et faire une mise en page “en dur”… méthode la plus courante mais qui comporte de nombreux inconvénients : perte de temps, répétition de tâches fastidieuses, aucu…

Gratuit : l'étude de marché du web-to-print en Europe 2020

Aujourd'hui, c'est Noël, et j'ai décidé de vous offrir mon étude de marché sur l'imprimerie en ligne en Europe en 2020. C'est un travail personnel, réalisé avec mes propres moyens, en compilant les données disponibles publiquement sur le web… L'objectif de cette étude de marché est disposer d'une vision du poids de l'imprimerie en ligne en Europe, de voir quelles sont les technologies utilisées et de zoomer dans chaque pays pour étudier quelles sont les dynamiques propres à chaque territoire.

Cette étude est forcément fausse, je vous préviens :-) En se basant sur des données publiques, il manque forcément des chiffres, mais je pense qu'à un niveau macro, les tendances sont plutôt justes. J'espère en tout cas qu'elle vous aidera à mieux comprendre ce qui se passe dans le web-to-print en Europe, et dans votre pays, et qu'elle vous donnera envie, peut-être, de franchir le pas.

N'hésitez surtout pas à me faire part de vos remarques, cri…

Le "100% Revendeurs" dans l'imprimerie en ligne, un modèle qui a de l'avenir !

Alors que de plus en plus de clients finaux achètent en direct leurs imprimés en ligne, beaucoup s'interrogent sur l'avenir du modèle 100% revendeurs, voire même sur la pérennité du revendeur lui-même. Est-il voué tel un dinosaure à disparaître, emporté par un tsunami digital ? Ou serait-il en train de renaître, tel un Phénix ? Eléments de réponse avec l'exemple français de Realisaprint.com 10 ans d'existence, 10 millions d'Euros de CA, 100% revendeurs Depuis sa création en 2009, le site Realisaprint.com propose des produits d'impression exclusivement réservés aux revendeurs, sur le modèle du “closed portal” – en français, un site web dont l'accès et surtout les prix sont fermés aux non-revendeurs. S'il était répandu jusqu'en 2014-2015, ce modèle de distribution s'est étiolé sur le web, laissant progressivement la place à de simples programmes de remises commerciales sur des prix publics. Ce principe de grilles de remises constitue aujourd'…