Imprimerie : qui seront les gagnants et les perdants dans le monde post-Covid ?

 
 
Une fois que le confinement sera terminé, la société va devoir se remettre en place, sur de nouvelles bases et dans un cadre totalement différent, et fort probablement, bien plus difficile. L’imprimerie va, comme à chaque crise, souffrir fortement. Comme toutes les entreprises, les imprimeries vont faire face à une baisse des commandes, à des problèmes de trésorerie… et parce qu’elles travaillent énormément pour le secteur de la communication et de l’évènementiel, les imprimeries subiront une double-peine.
Les plus fragiles en trésorerie ou les plus endettées risquent de disparaître… c’est inéluctable. Mais je suis sûr que beaucoup survivront, en réussissant même à se renforcer. Cela peut paraître provocateur, mais je pense que cette crise va changer la donne actuelle.
 
  1. Accélération du e-Commerce : une étude récente de Kantar sur les modes de consommation pendant la crise du Covid montre que les consommateurs se sont encore plus habitués au eCommerce, et qu’ils continueront à commander en ligne après la crise. Beaucoup étaient déjà familiers du eCommerce, mais l’intensité d’achat a augmenté, et la confiance s’est établie. L’achat en ligne va devenir une norme et un réflexe, peu importe l’âge ou le sexe. Attention, cela ne veut pas dire que l’achat traditionnel prendra fin, mais je pense que dans la société post-Covid, il faudra du temps pour que les consommateurs retournent en boutiques. Et même lorsqu’ils y retourneront, ils attendront des entreprises qu’elles proposent tous les modes d’achat possibles
  2. Avènement d’une société distante : dans la société de demain, je me demande si on se serrera à nouveau la main un jour, ou si on s’embrassera à nouveau. J’ai l’impression qu’une barrière durable s’est établie, et qu’il faudra beaucoup de temps pour qu’elle cède. Je pense que cette barrière se ressentira dans les relations intra et inter-entreprises. Les achats se feront essentiellement à distance, et les rencontres en face-to-face seront réduites au stric essentiel
  3. Contraction des grands groupes et Devenir des cash-burners : dans l’imprimerie et le web-to-print en particulier, beaucoup de grands groupes souffrent en Bourse, comme je l’expliquais dans un précédent article. Les investisseurs prennent peur, ils retirent leurs « billes » et ils vont exiger encore plus de rentabilité de grandes sociétés. En conséquence, je pense que beaucoup de grands groupes internationaux vont réduire leur envergure, rationaliser leur organisation, faire converger leurs marques, et surtout, réduire leur présence aux seuls pays rentables. Je pense que par exemple, certains grands groupes allemands risquent probablement de réduire leur présence étendue en Europe, pour revenir à 1 ou 2 marchés sur lesquels ils sont forts et rentables. Parallèlement, les start-ups du web-to-print qui ont levé des fonds au cours des 3 dernières années risquent de voir leurs investisseurs mettre un frein drastique au modèle cash-burner, avec là-aussi des conséquences sur leur présence dans tel ou tel pays ou sur tel ou tel marché
  4. Patriotisme économique et circuits courts : à l’issue de cette crise, et pendant un certain temps, nous – consommateur, chef d’entreprise, acheteur industriel – privilégierons les entreprises nationales. Dans l’imprimerie, cela commence dans les grands groupes, et même sur le web à l’instar de l’initiative SEFI de la place de marché L’Imprimerie Européenne. 
 
Dans le monde post-Covid, je pense que l’imprimeur « gagnant » sera probablement une imprimerie de taille moyenne, productrice à 100%, avec une belle marque, dotée d’un site eCommerce, de connecteurs informatiques et d’une force de vente totalement à l’aise avec la culture digitale, et dotée de fortes valeurs : un véritable ancrage industriel sur un terroir, une histoire, un sens des responsabilités avérés, et une organisation souple et agile.
Pourquoi sera-t’il gagnant ? Parce que tout simplement, je pense qu’il correspondra au modèle plebiscité par les acheteurs. Je pense que le consommateur de demain ne voudra plus des multinationales aux modèles sociaux controversés et à l’impact environnemental trop élevé, qu’il ne voudra plus non plus de produits fabriqués loin et importés par camions entiers… Ni qu’il acceptera de commander autrement que par le web. Le consommateur voudra du sens, à l’image de ce qui s’est produit progressivement dans le monde agricole.
 
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